Les forestiers en guerre, 1814-1815

Par Didier Davin, membre de la SEHRI.

Du Moyen-Age au début de l’époque contemporaine, les ressources forestières s’avèrent stratégiques pour un Etat. En effet, on trouve dans les forêts le principal combustible et le principal matériau de construction pour le génie civil et maritime (le bois), des sources de nourriture non négligeables (via la cueillette et la chasse), et – pour la petite histoire ‒ également des prédateurs (tels les loups), auxquels on livre une chasse sans merci.

Chasse au loup en forêt Jean-Baptiste Oudry
Chasse au loup en forêt – Huile sur toile de Jean-Baptiste Oudry, 1748. Wikimedia Commons.

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Parution de la Feuille de Route : « Spécial Marine impériale »

Le nouveau numéro de la Feuille de Route – publication mensuelle gratuite sur la Révolution et l’Empire – est paru ! Il a pour thème la marine du 1er Empire.

Fichier à télécharger ici  Feuille de Route n°15 – Spécial Marine

Bonne lecture !

Marine Impériale
Aspirant de 1ère classe et marins d’un équipage de haut-bord – Planche de « JOB » publiée dans les « Tenues des troupes de France ».

 

« Conscription » ?

Les conscrits de 1807 Boilly
Les conscrits de 1807 défilant devant la porte Saint-Denis. Détail d’un tableau de Louis-Léopold Boilly – Paris, Musée Carnavalet. 
La conscription : c’est l’inscription sur des listes – appelées rôles – de tous les Français âgés de 20 à 25 ans. Ces listes sont compilées sous forme de tableaux, fournissant divers renseignements sur les conscrits. En outre, lesdits tableaux servent à la formation du contingent.

Le contingent : c’est le nombre d’hommes destinés, chaque année, à servir aux armées. Le contingent d’une année « normale » avoisine les 60000 hommes pour l’ensemble du territoire français. En 1812, le contingent est fixé à 120000 hommes.

La classe : le service étant obligatoire de 20 à 25 ans, le contingent se compose de plusieurs classes d’âge : la classe des 20 ans, la classe des 21 ans, et ainsi de suite. Un soldat situe toujours sa classe d’appartenance par rapport à l’année de ses 20 ans. Exemple. un soldat né en 1785 a 20 ans en 1805. Il fait donc partie de la classe 05.

Si le nombre d’hommes nécessaires à la formation du contingent n’est pas atteint, on fait appel aux classes suivantes : ceux qui ont 21 ans, puis ceux qui ont 22 ans, et ainsi de suite, jusqu’à la classe des 25 ans. Bien entendu, ce système de service militaire n’est guère égalitaire. En effet, les individus partis à l’âge de 20 ans font 5 ans de service, alors que ceux appelés à l’âge de 24 ans ne s’acquittent que d’une année.

Le conscrit : c’est un homme âgé de 20 à 25 ans, inscrit sur les listes de la conscription. C’est donc l’âge qui désigne ceux destinés à partir à l’armée, le service militaire étant obligatoire pour les hommes âgés de 20 à 25 ans. A noter que tous les conscrits ne deviendront pas des soldats : cela dépend du tirage au sort et de la réforme militaire.

Le tirage au sort : à partir de l’an X, pour désigner ceux qui devront partir à l’armée, on recourt à la méthode du tirage au sort. En présence du préfet et du commandant de la gendarmerie impériale, les conscrits tirent un numéro. Si ce dernier est supérieur au chiffre indiqué pour la formation du contingent, le conscrit n’est pas appelé.
Exemple : le contingent de l’année 1808 pour l’Ardèche est fixé à 480 hommes. Tous ceux qui tirent le « mauvais numéro » – entre 1 et 480 – partent rejoindre un bataillon à l’armée.

Réformer un conscrit : le retirer des listes du service militaire pour des raisons médicales et/ou familiales.

Le réfractaire : c’est celui qui tente de se soustraire au service militaire. Il existe des moyens légaux (le mariage, le remplacement …) et des moyens illégaux (la simulation d’infirmités, la mutilation volontaire …). Certains conscrits n’ont pas hésité à se trancher des doigts de la main pour ne pas pouvoir tirer au fusil. D’autres se sont brisés les dents afin de ne plus pouvoir déchirer les cartouches contenant la poudre nécessaire au chargement du fusil.

Le déserteur : le soldat qui s’enfuit de l’armée. Les peines qui le visent sont d’une grande sévérité et peuvent aller jusqu’à la peine de mort.

Jean-Louis Carra (1742-1793), parcours d’un révolutionnaire

Portrait Jean-Louis CarraPar Jérôme Croyet, Président de la SEHRI.

Né à Pont-de-Veyle le 9 mars 1742, Jean-Louis Carra est le fils de Claude Carra, commissaire aux droits seigneuriaux, et de Marie-Anne Colas. Elève au collège des Jésuites de Mâcon, il est arrêté pour vol en 1758 et effectue deux ans d’emprisonnement sans être jugé pour autant. A sa libération, il se rend en Moldavie et devient secrétaire de l’Hospodar.

De retour en France, il compose une Histoire de la Moldavie et de la Valachie. Secrétaire de d’Argenson à Paris en 1768, il rédige, deux ans plus tard, des articles pour l’Encyclopédie et ses suppléments. Après avoir publié un roman à La Haye, Le système de la raison à Londres (1773), un Essai particulier de politique (1784) et un Essai sur la nautique aérienne contenant l’art de diriger les ballons, il est employé à la Bibliothèque du roi. En 1787, il est l’auteur d’Un petit Mot de réponse à M. de Calonne sur sa Requête au roi. Au printemps 1789, il fait paraître un Avis du Tiers Etat de la Bresse sur la nomination des députés aux Etats généraux.

Le 3 octobre 1789, il fonde, en collaboration avec Mercier, les Annales Patriotiques. En cette année 1789, Carra se révèle particulièrement prolifique et rédige divers opuscules. Deux ans plus tard, alors membre de la Société des Amis de la Constitution de Paris, il rédige un Discours sur la conspiration d’Outre-Rhin et sur les moyens les plus efficaces à employer relativement aux puissances étrangères qui accueillent et soutiennent cette conspiration. Le 6 février 1792, la Société des Amis de la Constitution, séante aux Jacobins, fait imprimer un Discours de L. Carra, sur le danger des circonstances présentes et sur le système de corruption employé par la cour, avec des notes et observations.

Le 5 septembre 1792, Carra est élu député à la Convention par les électeurs du département de Saône-et-Loire. C’est également à cette époque qu’il publie une Correspondance de MM. de Montmorin et de Bertrand, ministres d’État, sur le Comité autrichien : Dénonciations et plaintes rendues par ces deux ministres contre le sieur Carra.

En janvier 1793, il fait partie des Conventionnels votant la mort du roi, sans appel au peuple et sans sursis. A cette occasion, il fait paraître, le 3 janvier, un Discours contre la défense de Louis Capet, dernier roi des Français. Le 9 mars, il est nommé représentant du peuple en mission. Lui revient la lourde tâche d’hâter la levée des 300000 hommes dans les Deux-Sèvres et en Vendée. Le 30 avril, Carra est envoyé comme représentant à l’armée du Centre.

A son retour, il est nommé secrétaire de la Convention. Visé par les proscriptions ciblant les Girondins, il se fend d’une Réponse à ses calomniateurs (26 juin 1793). Accusé de fédéralisme, il comparait le 3 octobre 1793 devant le Tribunal révolutionnaire. Condamné à mort le 30 du même mois, il est décapité le lendemain aux côtés de 21 de ses collègues députés.

Les « chasseurs noirs » de la Roche-Négly durant la « crise fédéraliste » (1793)

Rimberg variante
« Chasseur noir » du corps franc La Roche-Négly, été 1793. Infographie originale de Marc Morillon pour un ouvrage à paraître en fin d’année 2016. 

Issu d’une vieille famille du Puy-en-Velay, François-Gabriel de la Roche-Négly (1757-1793) – vétéran de la guerre d’Indépendance américaine – rejoignit les rangs des fédéralistes lyonnais à l’été 1793. A cette occasion, il forma un petit corps franc composé d’une trentaine de paysans, braconniers et gardes-chasse levés en Velay et en Vivarais. Selon un témoin oculaire [1], ces hommes, tout de noir vêtus, furent pris pour des prêtres déguisés par la population. L’armement dont disposait ce corps franc demeure inconnu. Les « chasseurs noirs » étaient probablement armés de fusils de chasse, et peut-être de fusils modèle 1777 saisis à la manufacture de Saint-Etienne à la fin du mois d’août 1793. Les hommes de la Roche-Négly furent décimés lors des combats de la fin du siège de Lyon. Capturé le 9 octobre 1793, leur chef fut fusillé comme « officier général de l’armée lyonnaise » le 25 octobre. 

[1] Il s’agit de Claude-Joachim Puy, capitaine quartier-maître du corps expéditionnaire lyonnais dans le Forez, qui rédigea ses Souvenirs dans les années 1820.

Paroles de grognards, 1792-1815

Paroles de grognards Jérôme Croyet 1

A paraître le 2 juin.

Lettres réunies et commentées par Jérôme Croyet – Illustration de couverture par Louis Frégier.

Un livre à destination de tous ceux qui recherchent la parole – souvent simple – des sans noms, des sans plumes et des sans grades de cette Grande Armée qui couvrit d’une gloire immortelle les armes de l’Empire. Un livre qui permettra également au lecteur de mieux cerner un ancêtre qui apparaît dans sa généalogie, ou encore de mieux connaître sa vie quotidienne pour la reconstituer avec fidélité …

Plus que quelques jours pour visiter l’exposition sur le docteur Christophe Reverdit au musée Camos

Plus que cinq jours pour découvrir l’exposition consacrée à la vie et à l’œuvre du médecin et chirurgien militaire Christophe Reverdit (1790-1846). Elle se termine en effet samedi 30 avril.

Reverdy portrait Benoît Lorenzini
Chirurgien militaire – Portrait miniature, collection Benoît Lorenzini.

De nombreuses pièces originales, dont certaines issues de collections privées, et pour la plupart jamais exposées au grand public, sont présentées : instruments chirurgicaux, armes anciennes, objets pharmaceutiques, archives et manuscrits.

Né à Bargemon en 1790, Christophe Reverdit participe, comme chirurgien aide major, aux batailles du 1er Empire et survit à la funeste campagne de Russie. A son retour des armées, il exerce son activité de médecin dans son village natal avant de devenir conseiller général, puis maire de Bargemon.

Installée dans l’espace des manifestations temporaires du musée, l’exposition propose – outre l’évocation de Reverdit – une approche de la médecine du XIXe siècle, à travers une scénographie illustrée d’une importante iconographie et de nombreux objets de médecine.

Exposition organisée en partenariat avec la mairie de Bargemon, les Archives Départementales du Var, le musée de l’Artillerie de Draguignan et l’association BTC.

Ouvert du mercredi au dimanche de 10h à 12h30 et de 14h30 à 18h.
Musée-Galerie Camos : 04 94 76 72 88 – 
Réseau des musées de la Dracénie : 04 94 47 05 72.

Reverdit campagne de Russie Marc Morillon
Le docteur Réverdit escorté par un cavalier du 6e régiment de cuirassiers durant la campagne de Russie – Infographie de Marc Morillon, DR.

Une visite au musée : l’Empéri à Salon-de-Provence

Genèse d’une collection.

La « collection Brunon » est née à la fin du XIXème siècle dans la chambre d’enfants d’une maison de la rue Consolat à Marseille. Deux petits garçons y conservent leurs trésors d’alors : livres, images, soldats de plomb, uniformes et armes d’enfants. En 1908, les deux frères reçoivent de leur oncle rouennais une caisse contenant des objets de la guerre de 1870-1871 : c’est le point de départ de ce qui est devenu un musée exceptionnel. Dès lors, les deux jeunes hommes consacrent la majeure partie de leurs économies à la collection de souvenirs militaires. Tout en accomplissant leur devoir militaire – au 57e régiment d’artillerie pour Jean, aux chasseurs alpins pour Raoul -, ils sauvegardent la mémoire immédiate en collectant des souvenirs directement sur le champ de bataille. Tous deux projettent en effet de créer, après-guerre, un grand musée dédié à l’histoire militaire. Toutefois, Raoul tombe le 23 octobre 1917, au cours de l’assaut du fort de la Malmaison, sur le Chemin des Dames. Son frère honore sa mémoire en continuant le mouvement de collecte.

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Les cartes postales d’uniformes

Cartes postales SEHRI Morillon

L’association SEHRI renoue avec les fameuses séries de cartes Bucquoy. 

Grâce aux infographies de Marc Morillon, réalisées spécialement pour la SEHRI – sur des recherches des membres de l’association -, trois séries de cartes postales (tirage limité à 25 exemplaires) sont disponibles dès à présent :

  • le 1er régiment de hussards : série de 2 cartes postales.
  • le 13e régiment de hussards : série de 2 cartes postales.
  • le 14e régiment de hussards : série de 2 cartes postales.

Chaque série est vendue, au profit de l’association, 5 euros – frais de port gratuit.
Paiement par chèque à l’ordre de SEHRI, 473 cours S. Carnot, 84300 Cavaillon.

Dans les semaines et les mois à venir, deux nouvelles séries verront le jour :

  • une relative aux chasseurs à cheval de la Garde, réalisée à l’aide du livre d’ordres d’Eugène de Beauharnais.
  • une autre consacrée au 8e régiment de hussards, d’après le livre d’ordres du régiment.