Généalogie : retrouver un volontaire ou un réquisitionnaire de la Révolution

Durant la Révolution, les levées de volontaires, mais également la désignation des réquisitionnaires, s’opérèrent à l’échelon communal  – plus rarement cantonal -,  à la suite d’un arrêté du département et/ou du district.

Enrôlement des volontaires 1792 Gouache Lesueur Carnavalet
Enrôlement des volontaires à Paris, septembre 1792 – Gouache de la série dite « de Lesueur », Collections du Musée Carnavalet/Histoire de Paris.  

De fait, il convient de se rendre aux Archives Municipales afin de retrouver les listes ou les registres d’engagement des volontaires (séries H ou Rév.), ainsi que les délibérations concernant ces levées (registres de délibérations municipaux, rassemblés en série D). De même, il faut rechercher les listes de secours aux parents des « Défenseurs de la Patrie » (aux Archives Municipales, mais également aux Archives Départementales).

Ensuite, il est nécessaire de vous rendre aux Archives Départementales : cette étape vous permettra de mieux connaître la destinée du volontaire ou du réquisitionnaire étudié. Consultez-y la série L : les archives ayant trait aux affaires militaires du département, celles des districts et des municipalités, ou encore les registres des comités de surveillance, recèlent en effet pléthore de renseignements. En compulsant la série R, vous pourrez également découvrir de précieuses informations ayant notamment trait au devenir du soldat sous le 1er Empire.

Enfin, lorsqu’il s’agira de cerner finement le parcours du volontaire aux armées, un détour par le Service Historique de la Défense (Vincennes) constituera une étape obligatoire : vous y consulterez les registres des bataillons de volontaires. Afin d’optimiser les résultats de recherche, connaître le nom et le numéro du bataillon s’avère cependant impératif.

Bonnes recherches !

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Parution de la Feuille de Route : « Spécial Bouches du Rhône »

Le nouveau numéro de la Feuille de Route – publication mensuelle gratuite sur la Révolution et l’Empire – est paru ! Il a pour thème le département des Bouches du Rhône sous le 1er Empire.

Fichier à télécharger ici ⇒ Feuille de Route n°16 – Spécial Bouches du Rhône

Bonne lecture !

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Un « verdet », partisan ultra-royaliste en action durant la « Terreur blanche » de l’été 1815.

En écoute : Jérôme Croyet sur France Inter !

En écoute : La marche de l’Histoire, une émission de France Inter. Jérôme Croyet, président de la SEHRI, était reçu par Patrice Gélinet. Il venait de publier Soldats de Napoléon : L’épopée par ceux qui l’ont faite (Editions Gaussen, 2010).

C’est ici  ! => La Grande Armée (1804-1815)

L’objet du mois : un livret ouvrier

Par Pierre-Baptiste Guillemot, membre de la SEHRI.

Paris, cour des enfants bleus [1], 1er janvier 1807. L’apprenti Jean-Baptiste Derouault, âgé de 19 ans, fait viser son livret d’ouvrier par M. Roze [2], son patron. Ce dernier, « boutonnier de fantaisie », prend soin de noter que le jeune Derouault travaille au sein de sa manufacture « l’espace de 9 mois ». Le lendemain, semblable opération se répète dans les bureaux des commissaires de police Lepelletier et Boutaud. Si Derouault procède avec tant de scrupules, c’est qu’il est conscient qu’un livret mal rempli – sans parler de l’absence pure et simple de ce document – pourrait lui coûter l’arrestation en cas de contrôle par la gendarmerie impériale :

Tout ouvrier qui voyagerait sans être muni d’un livret visé sera réputé vagabond, et pourra être arrêté et puni comme tel.

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Patrouille de gendarmerie contrôlant le livret d’un ouvrier – Dessin original de Bernard Coppens, DR.

Retour sur l’histoire du livret ouvrier, l’une des « masses de granit » du régime napoléonien. 

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« Conscription » ?

Les conscrits de 1807 Boilly
Les conscrits de 1807 défilant devant la porte Saint-Denis. Détail d’un tableau de Louis-Léopold Boilly – Paris, Musée Carnavalet. 
La conscription : c’est l’inscription sur des listes – appelées rôles – de tous les Français âgés de 20 à 25 ans. Ces listes sont compilées sous forme de tableaux, fournissant divers renseignements sur les conscrits. En outre, lesdits tableaux servent à la formation du contingent.

Le contingent : c’est le nombre d’hommes destinés, chaque année, à servir aux armées. Le contingent d’une année « normale » avoisine les 60000 hommes pour l’ensemble du territoire français. En 1812, le contingent est fixé à 120000 hommes.

La classe : le service étant obligatoire de 20 à 25 ans, le contingent se compose de plusieurs classes d’âge : la classe des 20 ans, la classe des 21 ans, et ainsi de suite. Un soldat situe toujours sa classe d’appartenance par rapport à l’année de ses 20 ans. Exemple. un soldat né en 1785 a 20 ans en 1805. Il fait donc partie de la classe 05.

Si le nombre d’hommes nécessaires à la formation du contingent n’est pas atteint, on fait appel aux classes suivantes : ceux qui ont 21 ans, puis ceux qui ont 22 ans, et ainsi de suite, jusqu’à la classe des 25 ans. Bien entendu, ce système de service militaire n’est guère égalitaire. En effet, les individus partis à l’âge de 20 ans font 5 ans de service, alors que ceux appelés à l’âge de 24 ans ne s’acquittent que d’une année.

Le conscrit : c’est un homme âgé de 20 à 25 ans, inscrit sur les listes de la conscription. C’est donc l’âge qui désigne ceux destinés à partir à l’armée, le service militaire étant obligatoire pour les hommes âgés de 20 à 25 ans. A noter que tous les conscrits ne deviendront pas des soldats : cela dépend du tirage au sort et de la réforme militaire.

Le tirage au sort : à partir de l’an X, pour désigner ceux qui devront partir à l’armée, on recourt à la méthode du tirage au sort. En présence du préfet et du commandant de la gendarmerie impériale, les conscrits tirent un numéro. Si ce dernier est supérieur au chiffre indiqué pour la formation du contingent, le conscrit n’est pas appelé.
Exemple : le contingent de l’année 1808 pour l’Ardèche est fixé à 480 hommes. Tous ceux qui tirent le « mauvais numéro » – entre 1 et 480 – partent rejoindre un bataillon à l’armée.

Réformer un conscrit : le retirer des listes du service militaire pour des raisons médicales et/ou familiales.

Le réfractaire : c’est celui qui tente de se soustraire au service militaire. Il existe des moyens légaux (le mariage, le remplacement …) et des moyens illégaux (la simulation d’infirmités, la mutilation volontaire …). Certains conscrits n’ont pas hésité à se trancher des doigts de la main pour ne pas pouvoir tirer au fusil. D’autres se sont brisés les dents afin de ne plus pouvoir déchirer les cartouches contenant la poudre nécessaire au chargement du fusil.

Le déserteur : le soldat qui s’enfuit de l’armée. Les peines qui le visent sont d’une grande sévérité et peuvent aller jusqu’à la peine de mort.

Paroles de grognards, 1792-1815

Paroles de grognards Jérôme Croyet 1

A paraître le 2 juin.

Lettres réunies et commentées par Jérôme Croyet – Illustration de couverture par Louis Frégier.

Un livre à destination de tous ceux qui recherchent la parole – souvent simple – des sans noms, des sans plumes et des sans grades de cette Grande Armée qui couvrit d’une gloire immortelle les armes de l’Empire. Un livre qui permettra également au lecteur de mieux cerner un ancêtre qui apparaît dans sa généalogie, ou encore de mieux connaître sa vie quotidienne pour la reconstituer avec fidélité …