6 juillet 1809 : la mort de Lasalle

Le 5 juillet 1809, en ouvrant ses bagages, le général Lasalle découvre que sa pipe s’est cassée ; un flacon de sa cave à liqueur et le verre protégeant le portait de sa femme se sont, eux aussi, brisés. Il aurait alors affirmé à son aide de camp, le chef d’escadron du Coëtlosquet :

Je ne survivrai pas à cette journée.

Lasalle commande à cette date la 1ère division de cavalerie légère du 4e corps d’armée – commandé par Masséna – et comprenant le 8e régiment de hussards, les 3e, 13e, 14e, 16e, 19e, 23e et 24régiments de chasseurs à cheval, ainsi que les dragons de Bade et les chevau-légers de Hesse.

Général Lasalle gravure 1820
Le général de division Antoine-Charles Louis Lasalle – Gravure de Louis-François Charon d’après Charles Aubry, vers 1820.

Momentanément séparé de ses hussards au soir de la bataille de Wagram, le général avise un bataillon d’infanterie ennemi en retraite et tente – aidé en cela par les cavaliers du 1er régiment de cuirassiers – de le disperser. C’est alors qu’il est frappé en pleine tête d’une balle tirée par un grenadier hongrois.

Après inventaire, ses affaires sont dispersées lors d’une vente aux enchères organisée à Vienne le 13 juillet. Y sont vendus – entre autres – 47 cartes, un atlas, 4 livres – dont les Fables de La Fontaine -, 2 uniformes de généraux, 2 fracs « à la hussarde », 14 gilets (dont 2 « à la hussarde »), 14 pantalons (dont 2 « à la hussarde » et un « à la mamelouk »), 2 pelisses, un dolman, 2 capotes, 7 culottes, 21 paires de chaussettes et bas, 10 cravates, 9 chemises, un chapeau de général, 8 pipes, un tromblon turc, 2 fusils à rouet, un cimeterre, une épée de général, une cotte de maille turque, un sabre damas, 2 pistolets, 4 paires de bottes et un colback, auxquels s’ajoutent une diligence, 14 chevaux et 10 selles. La vente, opérée à la criée, rapporte 10398 francs. Par exemple, le sabre turc est acquis 672 francs. Le pantalon « à la mamelouk » est vendu 30 francs, les gilets « à la hussarde » 72 francs, et les pistolets, 324 francs.

Dolman général Lasalle

D’Aiguillon est chargé de ramener à Paris la voiture, les papiers, les bijoux et le cœur embaumé du général.

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