Métiers d’autrefois

 

Chanvriers et blanchisseurs.

Le chanvre a été cultivé dans l’Ain jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Destinée à fabriquer de la toile et toutes sortes de cordages, cette plante nécessite un sol léger, meuble, profond et frais.

Dans la plupart des cantons de l’Ain, l’activité des chanvriers est saisonnière. Plus encore, cette activité s’opère de manière proto-industrielle. Autrement dit, le travail se réalise isolément, à domicile, et profite tout particulièrement aux communes de Tenay, Chaley, Lacoux, Argis et Saint-Rambert-en-Bugey. Dans les années 1790, 3432 personnes, tant hommes, femmes qu’enfants, sont occupés à travailler le chanvre. Elles se répartissent comme suit :

  • 200 ouvriers peigneurs de chanvre
  • 2000 fileuses
  • 600 vieillards et enfants réalisant des tâches simples
  • 600 tisserands
  • 32 ouvriers en blanchisserie.

En 1806, on estime que 3000 métiers à tisser produisent de la toile pure de chanvre dans le département de l’Ain. A lui seul, le canton de Saint-Rambert en compte 600. Ces derniers tournent presque en continu. Depuis la fin du XVIIIe siècle, le canton de Saint-Rambert est le seul à exporter des toiles de sa fabrication ; cette donne doit beaucoup à la famille Lempereur.

A partir de 1780, les blanchisseurs se joignent aux chanvriers. D’abord au nombre de 5 seulement, ils sont 32 en 1806. Surtout, ces hommes visent à moderniser leur outil de production. La blanchisserie d’Ambérieu-en-Bugey est ainsi réaménagée en 1805 : des fours en brique y sont construits cette année là.


Armuriers et arquebusiers.

Jusqu’à la fin de l’époque médiévale, on dénombre à peu près autant de métiers q’il n’existe de pièces d’équipement militaire :

  • Les haubergiers fabriquent le haubert, une cotte de mailles qui protège le chevalier.
  • Les heaumiers réalisent le heaume, autrement dit le casque.
  • Les écassiers préparent le bouclier, ou écu.
  • Les brigandiniers façonnent une cuirasse légère – la brigandine –, ainsi dénommée parce qu’elle était portée par les fantassins (« les brigands »).

Vers le XVe siècle, toutes ces spécialités se fondent en une seule corporation, celle des armuriers. Dans les années 1660, ladite corporation se scinde en deux : les armuriers et les arquebusiers, spécialisés dans la production d’armes à feu.

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Planche consacrée aux armuriers et aux arquebusiers dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

Le métier d’armurier est assez répandu dans des villes comme Belley, Châtillon-sur-Chalaronne et Ambléon. Au XVIIIe siècle, des fusils de chasse et des pièces d’artillerie de petit calibre, destinées aux navires de commerce, sont fabriqués à Bourg-en-Bresse.

Durant la décennie révolutionnaire, le nombre d’armuriers étant insuffisant dans l’Ain, de nombreux serruriers se reconvertissent dans cette activité. Simultanément, des villes, telles Treffort, se spécialisent dans la fabrication de gardes de sabre. En avril 1792, à la déclaration de guerre à l’Autriche et à la Prusse, des armuriers rejoignent les armées. Originaire de Bourg-en-Bresse, Amable Joseph Maréchal est ainsi élu armurier d’un bataillon de la Garde Nationale locale. En l’an II, il est chargé d’instruire ses concitoyens sur l’art de fabriquer le salpêtre et de fondre des tubes d’artillerie.

Sous l’Empire, 8 armuriers exercent dans le département de l’Ain. En 1815, ceux de Bourg-en-Bresse sont réquisitionnés pour remettre en état les fusils des grenadiers de la Garde Nationale partant combattre dans le Jura.