1806 : le 1er régiment de hussards

Du 6 au 18 octobre 1806, le 1er régiment de hussards a l’insigne honneur de faire le service auprès de Napoléon, en lieu et place de la cavalerie de la Garde Impériale. Cela en fait un régiment « d’élite » parmi la Ligne.

Adapter son uniforme à une campagne automnale.

Durant la campagne de Prusse, le régiment compte 3 escadrons totalisant 424 hommes [1]. Ayant laissé ses pelisses au dépôt, il fait campagne en dolman, et ce, au grand dam des cavaliers. Ainsi, dans Histoire de ma vie, Georges Sand raconte que son père – officier au 1er régiment de hussards – demande, dans une lettre adressée à sa famille, « qu’on lui envoie sa pelisse, car il fait atrocement froid, et que le régiment est en dolman ». Lors de cette campagne automnale, les hussards portent également le manteau, qu’ils positionnent selon la direction d’où souffle le vent.

Généralités sur l’uniforme.

L’uniforme est constitué d’un dolman bleu ciel foncé, à collet bleu et parements rouges. Il comporte 5 rangées de 18 boutons. Les tresses et galons sont blancs. La hongroise est bleu ciel foncé, avec le nœud hongrois et les galons blancs. Certains cavaliers portent un gilet rouge non gansé. La ceinture-écharpe, à coulants blancs, est cramoisie. Le charivari est en drap bleu ciel foncé, renforcé de cuir à l’entrejambe et soutaché de rouge. Se fermant à l’aide de 18 boutons, il comporte en outre deux poches en pointe, soutachées de rouge et fermées par 3 boutons. Deux modèles de sabretache ont coexisté :

  • celle équipant le régiment depuis le Consulat. En cuir, recouverte de drap rouge, elle est brodée d’un chiffre 1 entouré d’une couronne de laurier et surmonté d’une couronne civique.
  • celle introduite dans les premières années de l’Empire. Seule une couronne impériale, surmontant le chiffre 1, la fait différer du modèle antérieur. Probablement ce modèle équipe-t-il les cavaliers nouvellement arrivés aux escadrons de guerre et, par conséquent, habillés et équipés à neuf.
Sous-officier du 1er hussards Michel Faure.jpg
Sous-officier du 1er régiment de hussards – Aquarelle originale de Michel Faure, collection privée. Les connaisseurs reconnaîtront sans peine Nicolas « la Giberne », l’un des héros de la bande dessinée « Les Fils de l’Aigle ».

Les compagnies « du centre » et les compagnies d’élite.

Les compagnies dites « du centre » sont coiffées du shako modèle 1806, à jugulaires à écailles, cordon-raquette blanc et plumet noir. Certains cavaliers portent la cocarde tricolore, retenue par une ganse, au centre du fût du shako. D’autres, au contraire, l’arborent plus haut, de manière à laisser la place à une plaque losangique percée du chiffre 1. Enfin, le plumet est positionné de deux manières différentes : soit sur le côté gauche de la coiffure, soit sur le devant.

La compagnie d’élite porte le colback en fourrure noire. La flamme est rouge et le pompon, blanc.

Les sous-officiers.

Les sous-officiers portent la même tenue que la troupe. Leur shako arbore cependant un galon en argent. De même, ils se distinguent des hommes du rang par leur grade cousu sur les manches, juste au dessus du parement. Enfin, ils ne sont pas armés du mousqueton.

Les trompettes et musiciens.

Ils sont vêtus d’un dolman rouge à parements bleu de ciel foncé et d’une hongroise bleu ciel foncé. Une musique a sans doute existé, des instrumentistes étant ponctuellement tirés des compagnies « du centre » pour la constituer.

Les officiers. 

Ils portent une tenue semblable, dans les grandes lignes, à celle de la troupe. Néanmoins, les ganses et galons sont argents, et non pas blancs. De surcroît, une certaine ostentation est de règle, d’autant que ces hommes s’équipent à leur frais. Aussi, ceinturon et bottes peuvent-ils être confectionnés en maroquin rouge. En outre, les officiers se coiffent fréquemment d’un colback. La sabretache, galonnée d’argent, est en drap rouge ; le chiffre 1 est placé en évidence dans un écu en métal argenté.


Notes.

[1] Le 1er escadron compte 12 officiers et 132 hommes, le 2e, 6 officiers et 140 hommes, et le 3e, 7 officiers et 127 hommes.

[2] Selon le commandant Bucquoy, « sur les bords du losange, la plaque porte ces mots (un sur chaque côté) :  ‘régiment d’hussards – République Française’ ».

Publicités