1800 : Hussards de Bonaparte et hussards à pied

Formés en prévision de la seconde campagne d’Italie (1800), les hussards de Bonaparte et l’infanterie légère sont des corps de volontaires « en état de se monter, s’habiller et s’équiper » [1]. Ces hommes doivent s’inscrire auprès des préfets et des sous-préfets, tout nouvellement créés. Cependant, les impétrants peuvent également se rendre isolement à Dijon, où ils doivent s’équiper. Au fur et à mesure de leur arrivée dans la capitale bourguignonne, des inspecteurs aux revues les regroupent par compagnies, formées en fonction du département d’origine des volontaires. Si un modèle de tenue réglementaire est visible chez le général Mathieu Dumas, un autre est aussi déposé en préfecture, afin d’assurer aux confections une certaine uniformité .

Portrait hussard volontaire de la réserve 1800
Portrait d’un hussard volontaire de la réserve, vers 1800-1801 – Photo collection S.B.

Connu par quelques documents iconographiques du temps [2] et, surtout, par un document contemporain – l’Organisation des volontaires de l’armée de réserve [3] -, l’uniforme des hussards est superbe :

Bonnet de police, le tour bleu de ciel, la queue jaune chamois, avec un feston losangé de trèfles carrés, moitié bleu de ciel, moitié blanc. Gilet d’écurie bleu de ciel, large et aisé ; collet et parements chamois, poches sur le côté, une seule rangée de boutons. Pantalon d’écurie bleu de ciel, garni en peau, basane noire, les bandes de côté chamois, ainsi que les pattes de goussets.

Grande tenue. Pelisse jaune chamois, bordure noire, courte, de poil frise, trois rangées de boutons blancs, moitié fil blanc, moitié fil bleu de ciel ; nœuds à la hongroise sur la manche, sans galon ; tresses carrées, marquant la taille et nœuds à la hongroise sur les petites basques. Dolman jaune chamois, parements et collet bleu de ciel, trois rangées de boutons, ganses comme à la pelisse, nœuds à la hongroise idem. Ceinture en poil de chèvre leu céleste, nœuds d’agrément jaunes, cordons et houppettes de même. Gilet bleu céleste, tresses carrées, mélangées fils bleu et blanc ; trois rangées de boutons blancs. Culotte à la hongroise, ceinture à courroie ; tresses carrées, mélangées bleu et blanc sur les coutures ; nœud à la hongroise sur les cuisses. Surtout bleu céleste, parements chamois, collet montant, avec une petite patte bleu céleste et un bouton, manches ouvertes dessous avec trois boutons ; la doublure comme le dessus, passepoil jaune, habit retroussé. Shako, sept pouces et demi de hauteur, évasé ; retroussis bleu céleste, cordons mélangés bleu et blanc, ganse argent, et gousset sur le devant pour le plumet. Panache rouge. Bottes en veau, talons à la hongroise élevés, ferrées, avec éperons bronzés, bordure et glands poil de chèvre noir. Manteau gris de fer. Porte-manteau gris de fer ; ganses ci-dessus désignée, sur les coutures des bouts. Sabretache fond bleu céleste, galons blancs en poil de chèvre, trophée militaire, ceint de deux branches de laurier en sautoir, surmonté d’une couronne renfermant le chiffre de la République française [3].

L’infanterie légère, pour sa part, est revêtu d’un

habit bleu de ciel, revers et parements chamois, boutons blancs. Gilet blanc, croisé à six pouces, avec deux rangées de boutons. Pantalon blanc, demi-guêtres comme l’infanterie légère. Chapeau rond, à petit bord, et à forme haute, et un peu évasé, surmonté d’une peau d’ours en cimier ; un côté du chapeau un peu retroussé, avec un panache bleu de ciel terminé par une touffe noire [4].

Les hussards quittent Dijon le 4 thermidor an VIII et prennent le chemin de Genève. Ils passent à Berne le 3 fructidor pour se rendre dans les Grisons. Le 22 brumaire an IX, le dépôt arrive à Eythersem, alors que le corps cantonne à Ebersberg le 9 frimaire. C’est là qu’ils deviennent « hussards volontaires de l’armée du Rhin ». La campagne terminée, les hussards rentrent en France et sont cantonnés à Metz à compter du 3 germinal an IX. Le 25 germinal, les 19 officiers, 601 sous-officiers et hussards – accompagnés de leurs 373 montures – sont licenciés. 298 d’entre eux rentrent dans leurs foyers, 50 sont versés au 1er régiment de chasseurs à cheval, 45 au 8e régiment de chasseurs à cheval, 97 au 10e régiment de chasseurs à cheval, 107 au 16e régiment de chasseurs à cheval, 4 au 20e régiment de chasseurs à cheval, 3 au 17e dragons, 3 au 13e régiment de cavalerie, un au 8e régiment de hussards, enfin un dans la légion des Francs.


Notes.

[1] Archives Départementales de l’Ain, série L, Lettre du général Mathieu Dumas au préfet de l’Ain, 23 germinal an VIII.

[2] A l’exemple des dessins du jeune Albrecht Adam ou du portrait illustrant l’article. Vendu lors d’une vente aux enchères organisée à Mons le 20 mars 2016, c’est l’un des seuls portraits connus représentant un cavalier de cette éphémère unité.

[3] Organisation des volontaires de l’armée de réserve, instructions du général Mathieu Dumas, germinal an VIII.

[4] Ibid

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