Parcours de cavaliers légers

Un hussard lyonnais : Jérôme Dallaire.

cavalier hussards bataille aboukirJérôme Dallaire est né à Lyon le 12 août 1784. Entré au 1er régiment de chasseurs à cheval le 1er octobre 1782, il passe brigadier le 19 juin 1787, avant de démissionner le 1er octobre 1790. Nommé instructeur au dépôt général de cavalerie le 1er brumaire an II, il y officie jusqu’au 15 vendémiaire an III.

Il entre à cette date au 13e régiment de hussards et devient maréchal-des-logis le 1er germinal. Sous-lieutenant le 14 floréal an III, il intègre le 1er hussards le 1er prairial an IV. Le 11 prairial, à la bataille de Borghetto, il capture un lieutenant-colonel de hussards napolitains. Il combat ensuite à Mantoue et à Castiglione, où il est blessé d’un coup de sabre à la main droite. Le 25 fructidor – alors qu’il se trouve avec un piquet de 25 hussards à l’avant-garde de son régiment – il charge l’ennemi aux abords de Padoue, fait plusieurs prisonniers et s’empare des équipages. Quatre jours plus tard, il est détaché, avec une vingtaine d’hommes seulement, afin d’observer l’ennemi sur la droite de la division Augereau. L’adversaire repéré, Dallaire lance une charge qui repousse – avec pertes – l’adversaire jusqu’aux murs de Mantoue. Dallaire rejoint le 7e régiment bis de hussards en ventôse an V et est promu lieutenant le 1er brumaire an VII.

Le 1er germinal an VII, à la bataille du Mont Thabor, la protection d’une pièce d’artillerie lui est confiée. A cette occasion, le lieutenant Dallaire et 30 de ses hommes soutiennent les charges des mamelouks, bien supérieurs en nombre. Si le canon est finalement dégagé, le cheval de Dallaire est blessé. Le 7 thermidor an VII, au combat d’Aboukir, notre homme charge et poursuit les Turcs jusque sur le rivage. Mais cerné par une colonne adverse, il se retranche dans le fort, avant de rallier plusieurs hussards et de reprendre une pièce de canon. Toutefois, sa monture est de nouveau blessée.

Un officier du 3e régiment de gardes d’honneur : Jean-Pierre Beauvais-Poque.

Officier de gardes d'honneur Lucien RousselotJean-Pierre Beauvais-Poque est né à Pontacq le 25 octobre 1793. Âgé de 20 ans, il entre au 3e régiment de gardes d’honneur, avec lequel il fait les campagnes de 1813 et 1814. Il obtient successivement les grades de brigadier, de maréchal des logis et d’adjudant sous-officier. Surtout, il est fait chevalier de la légion d’honneur le 19 février 1814, en récompense de son comportement digne d’éloges à la bataille de Montereau. A la toute fin de la campagne de France, il assure les fonctions d’aide de camp du général Vincent, commandant en second le 3e régiment de gardes d’honneur. Ce dernier le considère d’ailleurs tel « un officier très distingué recommandable par son intelligence et sa bravoure », tandis que le général Ségur le décrit dans divers rapports comme « un des plus actifs et des plus braves officiers du régiment ». A la 1ère Restauration, Beauvais-Poque intègre les gardes du corps du roi. Cependant, en août 1814, il entend un fourrier-major de l’unité insulter la Grande Armée, ce qui le détermine à envoyer sa démission au maréchal Marmont, commandant sa compagnie. En outre, il brûle ses effets de garde du corps et endosse son uniforme d’officier des gardes d’honneur, désormais dissous.

Les événements du printemps 1815 le rappellent sous les drapeaux, d’autant qu’il est nommé aide-de-camp du lieutenant-général Piquet, commandant une division de cuirassiers et de dragons. Par conséquent, Beauvais-Poque fait la campagne des Cent-Jours, avant de regagner son foyer suite au licenciement de l’armée de la Loire.

Dès lors, notre homme soutient une lutte incessante contre le régime bourbonien jusqu’à la révolution de juillet 1830. Très actif au sein des cercles libéraux palois, il y acquière une popularité grandissante. Néanmoins, ses opinions lui attirent de fréquents démêlés. Le 3 août 1830, Fayette lui confie une délicate mission : convaincre Charles X de s’embarquer pour l’Angleterre, en provoquant une mutinerie parmi les soldats restés fidèles au roi déchu. Pour autant, cette opération tourne mal, Beauvais-Poque étant blessé en forêt de Rambouillet.

Surnommé  « le général des libéraux » dans les Pyrénées, Beauvais-Poque devient maire de sa commune natale. Il entre également au conseil général des Basses-Pyrénées et reçoit le commandement militaire du château de Pau, qu’il conserve jusqu’en 1848.

Ensemble d'effets de Beauvais-Poque
Souvenirs de Jean-Pierre Beauvais-Poque – Photo SVV Gestas Carrere, Pau.
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