1812 : La campagne de Russie – éléments chronologiques

Aucun des protagonistes du traité de Tilsit – conclu en 1807 entre Napoléon et le tsar Alexandre – n’ayant retiré les avantages géopolitiques escomptés, la situation entre les deux empires se détériore rapidement dans les années suivantes. La Russie dénonce ainsi la création du grand duché de Varsovie, considéré par eux comme la résurgence d’un Etat polonais, donc comme une menace. En 1811, la situation atteint un point de non-retour ; une nouvelle guerre semble dès lors inévitable.

  • Le plan de Napoléon – résolument offensif – vise à occuper rapidement Vilna, identifié comme le point de concentration des forces russes. Occuper cette place permettrait en outre de menacer Saint-Pétersbourg et Moscou, capitales politique et religieuse de l’empire des tsars.
  • Quant aux Russes, ils ont élaboré un plan défensif s’appuyant sur les marais du Pripet.

 

Juin 1812. 

Partie de la Vistule, la Grande Armée se porte sur Vilna et franchit le Niémen. Néanmoins, Jérôme Bonaparte compromet cette manœuvre par une erreur tactique permettant à Bagration – commandant les troupes russes chargées d’arrêter Napoléon – d’échapper au piège qui lui était tendu.

Juillet.

Si Vilna est atteinte, les mauvaises conditions météorologiques causent des dommages irréparables aux approvisionnements. Par ailleurs, certains corps d’armée sont déjà amputés de 30 à 50% de leurs effectifs, parfois avant même d’avoir combattu. Les hommes ne sont pas les seules victimes de ce début de campagne éprouvant. Principaux outils de transport d’une armée tirant profit de sa vitesse de progression et de réaction hors normes pour l’époque, les chevaux sont rapidement décimés. Ce constat vaut pour la cavalerie, l’artillerie, comme pour les équipages du train. Ces pertes colossales s’expliquent notamment par de brusques changements de température entre la journée et la nuit, durant laquelle la chaleur étouffante laisse place à des pluies froides. En tout cas, Napoléon est contraint de rester 15 jours à Vilna afin d’y réorganiser ses forces et créer des dépôts.

La Grande Armée se remet  ensuite en marche pour se porter sur Witebsk et le Dniepr, où les Russes tentent de leur interdire le passage. Le rythme de progression imposé par Napoléon à son armée ne permet pas aux Russes de reprendre l’initiative.

 Août.

Depuis le début de la campagne, Napoléon cherche à provoquer une bataille décisive lui permettant de vaincre les forces russes en un seul engagement. Pour ce faire, il entame une manœuvre en direction de Smolensk, où les deux armées russes se sont repliées. Mais ces dernières s’échappent de nouveau, non sans avoir préalablement incendié les ponts sur le Dniepr.

Septembre.

Koutouzov est nommé à la tête des armées russes et livre bataille à la Moskowa. Si Napoléon remporte la victoire, il se refuse à engager la Garde Impériale. Ce choix tactique le prive d’une victoire définitive sur les forces adverses. Reste que la route de Moscou lui est désormais ouverte. Le 14 septembre, la Grande Armée fait son entrée dans la capitale du tsar.

 Octobre.

Une série de tractations diplomatiques permet au tsar Alexandre 1er de récupérer deux de ses armées, jusqu’alors placées en protection face à la Suède et à la Turquie. Les Russes espèrent attirer Napoléon sur la Bérézina et le battre avec toutes leurs forces réunies. Simultanément, le gaspillage des stocks trouvés dans Moscou, l’indiscipline de ses troupes et l’incendie de la capitale conduisent Napoléon à quitter la ville : la retraite de Russie commence.

Novembre.

Après avoir été contraint de suivre une partie de la route empruntée lors de l’offensive mais traversant des régions désormais complètement dévastées, Napoléon infléchit la marche de ses troupes vers le sud à partir de Smolensk. Il parvient à la Bérézina le 21 novembre. Trois armées russes ont prévu de l’y piéger. Le pont ayant été détruit, Napoléon conçoit une manœuvre qui – grâce à la ténacité des pontonniers du général Éblé – aboutit au rétablissement du passage. Les troupes impériales échappent ainsi à la souricière organisée par les Russes (26-28 novembre).

Décembre.

Les débris de la Grande Armée arrivent à Vilna le 9 et tentent vainement de s’y remettre de l’épreuve constituée par la retraite. La malnutrition, le typhus et l’épuisement ont raison de bon nombre d’hommes. Les derniers survivants repassent le Niémen quatre jours plus tard.

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