Le harnachement de cavalerie légère, 1750-1815

Le harnachement des hussards se composait originellement d’une seule bride de mors. Ce n’est qu’au milieu du XVIIIe siècle que la muserolle se généralise dans le harnachement « à la française ». Les croisettes – deux bandes de cuir reliant le frontal à la muserolle et disposées en X – sont ornées, à leur intersection, d’un cabochon en métal. Le fleuron et les rênes de bride se terminent par un fouet de lanières tressées. S’y ajoute la courroie de sous-gorge, ornée d’un croissant métallique. Selon la tradition, il s’agirait d’un souvenir hérité des guerres contre les Turcs. En réalité, son origine est bien plus ancienne. En effet, dès l’Antiquité, les cavaliers des steppes accrochaient ces symboles lunaires aux brides ou aux courroies de poitrail de leurs montures.

Croissant de sous-gorge officier cavalerie légère
Croissant de sous-gorge d’officier de cavalerie légère, époque Consulat-1er Empire – Photo Bertrand Malvaux.

Au cours de la guerre de Sept Ans [1], la bride de mors s’enrichit de clous de métal et/ou de coquillages, tandis que la têtière se couvre d’une chaînette. Primitivement, il s’agissait de protéger le harnachement de tête contre les coups de sabre. Devenus purement décoratifs, ces ajouts sont formellement interdits pour les brides de troupe en 1786, exception faite de la chaînette de têtière, qui est maintenue. Les officiers continuent, eux, d’orner leurs brides de cabochons ou de motifs en cuivre estampé [2]. La mode s’étend aux harnachements des officiers généraux sous le Consulat et l’Empire.

La selle hongroise n’a guère subi de modifications majeures du début du XVIIIe siècle à la fin du 1er Empire. Appréciée des cavaliers légers pour sa légèreté, sa solidité et son élasticité, elle tire cette dernière qualité de son arçon, entièrement confectionné en bois. Celui-ci impliquait une fabrication délicate, nécessitant un bois ronceux de hêtre soigneusement sélectionné. Néanmoins, les fabrications massives de la Révolution et de l’Empire ne permirent pas de maintenir ce haut niveau de qualité. Les arcades furent renforcées par des ferrures, les croissants et les quatre pièces de bois étant assemblées à l’aide des chevilles ou de rivets.

étriers de cavalerie légère 1er empire
Etriers de cavalerie légère, modèle en cuivre pour officiers – Photo Bertrand Malvaux.

Les étriers sont en forme de poire. En fer forgé pour la troupe, ils sont noircis en campagne. Les étriers des officiers étaient réalisés en cuivre ou en bronze.


Notes.

[1] Sans doute à l’imitation des hussards prussiens et autrichiens.

[2] Ils sont dorés chez les hussards, argentés chez les chasseurs à cheval.

 

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