Parution de la Feuille de Route : « Spécial Bouches du Rhône »

Le nouveau numéro de la Feuille de Route – publication mensuelle gratuite sur la Révolution et l’Empire – est paru ! Il a pour thème le département des Bouches du Rhône sous le 1er Empire.

Fichier à télécharger ici ⇒ Feuille de Route n°16 – Spécial Bouches du Rhône

Bonne lecture !

royaliste-terreur-blanche
Un « verdet », partisan ultra-royaliste en action durant la « Terreur blanche » de l’été 1815.

En écoute : Jérôme Croyet sur France Inter !

En écoute : La marche de l’Histoire, une émission de France Inter. Jérôme Croyet, président de la SEHRI, était reçu par Patrice Gélinet. Il venait de publier Soldats de Napoléon : L’épopée par ceux qui l’ont faite (Editions Gaussen, 2010).

C’est ici  ! => La Grande Armée (1804-1815)

Le 66e régiment d’infanterie de ligne outremer, 1801-1810

Par Didier Davin et Pierre-Baptiste Guillemot, membres de la SEHRI.

Dès 1801, le 1er Consul Bonaparte destina trois unités aux colonies des Antilles : les 26e, 66e et 82e régiments d’infanterie de ligne, renforcés de détachements d’artillerie. Ces dispositions furent confirmées en 1802-1803.

le-general-richepanse
Le général Richepanse, commandant le corps expéditionnaire de la Guadeloupe en 1802.

En Guadeloupe, les prémices du rétablissement de l’esclavage entraînèrent une révolte des troupes noires au service de la République. Le général Richepanse fut envoyé restaurer l’autorité métropolitaine. L’accompagnaient 3500 hommes, répartis comme suit : deux bataillons du 66e régiment d’infanterie de ligne, un bataillon du 15e régiment d’infanterie de ligne, divers détachements d’infanterie, un bataillon de canonniers garde-côtes, des éléments de cavalerie issus des 1er et 20e régiments de chasseurs à cheval et du 1er régiment de hussards, ainsi que deux compagnies tirées des 6e et 10e régiments d’artillerie à pied. Le corps expéditionnaire avait été embarqué sur deux vaisseaux de 74 canons – Le Redoutable et Le Fougueux –, quatre frégates – La Volontaire, La Consolante, La Romaine et La Didon –, trois navires de transport et une flûte, La Salamandre.

Lire la suite

Les carnets d’ordres d’Eugène de Beauharnais – Partie 1 (1800-1802)

eugene-de-beauharnais-mathieu-ignace-van-breeDu 7 février 1800 au 31 octobre 1804, Eugène de Beauharnais coucha scrupuleusement sur dix carnets l’ensemble des ordres donnés aux chasseurs et aux grenadiers à cheval de la Garde des Consuls.

C’est une sélection de ces textes – d’un rare intérêt historique et uniformologique – que la SEHRI vous propose de (re)découvrir dès à présent. La première partie des retranscriptions concerne la période courant de janvier 1800 à décembre 1802. La seconde, portant sur les années 1803 et 1804, sera publiée très prochainement.

Lire la suite

L’objet du mois : un livret ouvrier

Par Pierre-Baptiste Guillemot, membre de la SEHRI.

Paris, cour des enfants bleus [1], 1er janvier 1807. L’apprenti Jean-Baptiste Derouault, âgé de 19 ans, fait viser son livret d’ouvrier par M. Roze [2], son patron. Ce dernier, « boutonnier de fantaisie », prend soin de noter que le jeune Derouault travaille au sein de sa manufacture « l’espace de 9 mois ». Le lendemain, semblable opération se répète dans les bureaux des commissaires de police Lepelletier et Boutaud. Si Derouault procède avec tant de scrupules, c’est qu’il est conscient qu’un livret mal rempli – sans parler de l’absence pure et simple de ce document – pourrait lui coûter l’arrestation en cas de contrôle par la gendarmerie impériale :

Tout ouvrier qui voyagerait sans être muni d’un livret visé sera réputé vagabond, et pourra être arrêté et puni comme tel.

patrouille-de-gendarmerie-et-ouvriers-bernard-coppens
Patrouille de gendarmerie contrôlant le livret d’un ouvrier – Dessin original de Bernard Coppens, DR.

Retour sur l’histoire du livret ouvrier, l’une des « masses de granit » du régime napoléonien. 

Lire la suite

Les forestiers en guerre, 1814-1815

Par Didier Davin, membre de la SEHRI.

Du Moyen-Age au début de l’époque contemporaine, les ressources forestières s’avèrent stratégiques pour un Etat. En effet, on trouve dans les forêts le principal combustible et le principal matériau de construction pour le génie civil et maritime (le bois), des sources de nourriture non négligeables (via la cueillette et la chasse), et – pour la petite histoire ‒ également des prédateurs (tels les loups), auxquels on livre une chasse sans merci.

Chasse au loup en forêt Jean-Baptiste Oudry
Chasse au loup en forêt – Huile sur toile de Jean-Baptiste Oudry, 1748. Wikimedia Commons.

Lire la suite

Parution de la Feuille de Route : « Spécial Marine impériale »

Le nouveau numéro de la Feuille de Route – publication mensuelle gratuite sur la Révolution et l’Empire – est paru ! Il a pour thème la marine du 1er Empire.

Fichier à télécharger ici  Feuille de Route n°15 – Spécial Marine

Bonne lecture !

Marine Impériale
Aspirant de 1ère classe et marins d’un équipage de haut-bord – Planche de « JOB » publiée dans les « Tenues des troupes de France ».

 

« Conscription » ?

Les conscrits de 1807 Boilly
Les conscrits de 1807 défilant devant la porte Saint-Denis. Détail d’un tableau de Louis-Léopold Boilly – Paris, Musée Carnavalet. 
La conscription : c’est l’inscription sur des listes – appelées rôles – de tous les Français âgés de 20 à 25 ans. Ces listes sont compilées sous forme de tableaux, fournissant divers renseignements sur les conscrits. En outre, lesdits tableaux servent à la formation du contingent.

Le contingent : c’est le nombre d’hommes destinés, chaque année, à servir aux armées. Le contingent d’une année « normale » avoisine les 60000 hommes pour l’ensemble du territoire français. En 1812, le contingent est fixé à 120000 hommes.

La classe : le service étant obligatoire de 20 à 25 ans, le contingent se compose de plusieurs classes d’âge : la classe des 20 ans, la classe des 21 ans, et ainsi de suite. Un soldat situe toujours sa classe d’appartenance par rapport à l’année de ses 20 ans. Exemple. un soldat né en 1785 a 20 ans en 1805. Il fait donc partie de la classe 05.

Si le nombre d’hommes nécessaires à la formation du contingent n’est pas atteint, on fait appel aux classes suivantes : ceux qui ont 21 ans, puis ceux qui ont 22 ans, et ainsi de suite, jusqu’à la classe des 25 ans. Bien entendu, ce système de service militaire n’est guère égalitaire. En effet, les individus partis à l’âge de 20 ans font 5 ans de service, alors que ceux appelés à l’âge de 24 ans ne s’acquittent que d’une année.

Le conscrit : c’est un homme âgé de 20 à 25 ans, inscrit sur les listes de la conscription. C’est donc l’âge qui désigne ceux destinés à partir à l’armée, le service militaire étant obligatoire pour les hommes âgés de 20 à 25 ans. A noter que tous les conscrits ne deviendront pas des soldats : cela dépend du tirage au sort et de la réforme militaire.

Le tirage au sort : à partir de l’an X, pour désigner ceux qui devront partir à l’armée, on recourt à la méthode du tirage au sort. En présence du préfet et du commandant de la gendarmerie impériale, les conscrits tirent un numéro. Si ce dernier est supérieur au chiffre indiqué pour la formation du contingent, le conscrit n’est pas appelé.
Exemple : le contingent de l’année 1808 pour l’Ardèche est fixé à 480 hommes. Tous ceux qui tirent le « mauvais numéro » – entre 1 et 480 – partent rejoindre un bataillon à l’armée.

Réformer un conscrit : le retirer des listes du service militaire pour des raisons médicales et/ou familiales.

Le réfractaire : c’est celui qui tente de se soustraire au service militaire. Il existe des moyens légaux (le mariage, le remplacement …) et des moyens illégaux (la simulation d’infirmités, la mutilation volontaire …). Certains conscrits n’ont pas hésité à se trancher des doigts de la main pour ne pas pouvoir tirer au fusil. D’autres se sont brisés les dents afin de ne plus pouvoir déchirer les cartouches contenant la poudre nécessaire au chargement du fusil.

Le déserteur : le soldat qui s’enfuit de l’armée. Les peines qui le visent sont d’une grande sévérité et peuvent aller jusqu’à la peine de mort.

Jean-Louis Carra (1742-1793), parcours d’un révolutionnaire

Portrait Jean-Louis CarraPar Jérôme Croyet, président de la SEHRI.

Né à Pont-de-Veyle le 9 mars 1742, Jean-Louis Carra est le fils de Claude Carra, commissaire aux droits seigneuriaux, et de Marie-Anne Colas. Elève au collège des Jésuites de Mâcon, il est arrêté pour vol en 1758 et effectue deux ans d’emprisonnement sans être jugé pour autant. A sa libération, il se rend en Moldavie et devient secrétaire de l’Hospodar.

De retour en France, il compose une Histoire de la Moldavie et de la Valachie. Secrétaire de d’Argenson à Paris en 1768, il rédige, deux ans plus tard, des articles pour l’Encyclopédie et ses suppléments. Après avoir publié un roman à La Haye, Le système de la raison à Londres (1773), un Essai particulier de politique (1784) et un Essai sur la nautique aérienne contenant l’art de diriger les ballons, il est employé à la Bibliothèque du roi. En 1787, il est l’auteur d’Un petit Mot de réponse à M. de Calonne sur sa Requête au roi. Au printemps 1789, il fait paraître un Avis du Tiers Etat de la Bresse sur la nomination des députés aux Etats généraux.

Le 3 octobre 1789, il fonde, en collaboration avec Mercier, les Annales Patriotiques. En cette année 1789, Carra se révèle particulièrement prolifique et rédige divers opuscules. Deux ans plus tard, alors membre de la Société des Amis de la Constitution de Paris, il rédige un Discours sur la conspiration d’Outre-Rhin et sur les moyens les plus efficaces à employer relativement aux puissances étrangères qui accueillent et soutiennent cette conspiration. Le 6 février 1792, la Société des Amis de la Constitution, séante aux Jacobins, fait imprimer un Discours de L. Carra, sur le danger des circonstances présentes et sur le système de corruption employé par la cour, avec des notes et observations.

Le 5 septembre 1792, Carra est élu député à la Convention par les électeurs du département de Saône-et-Loire. C’est également à cette époque qu’il publie une Correspondance de MM. de Montmorin et de Bertrand, ministres d’État, sur le Comité autrichien : Dénonciations et plaintes rendues par ces deux ministres contre le sieur Carra.

En janvier 1793, il fait partie des Conventionnels votant la mort du roi, sans appel au peuple et sans sursis. A cette occasion, il fait paraître, le 3 janvier, un Discours contre la défense de Louis Capet, dernier roi des Français. Le 9 mars, il est nommé représentant du peuple en mission. Lui revient la lourde tâche d’hâter la levée des 300000 hommes dans les Deux-Sèvres et en Vendée. Le 30 avril, Carra est envoyé comme représentant à l’armée du Centre.

A son retour, il est nommé secrétaire de la Convention. Visé par les proscriptions ciblant les Girondins, il se fend d’une Réponse à ses calomniateurs (26 juin 1793). Accusé de fédéralisme, il comparait le 3 octobre 1793 devant le Tribunal révolutionnaire. Condamné à mort le 30 du même mois, il est décapité le lendemain aux côtés de 21 de ses collègues députés.

Les « chasseurs noirs » de la Roche-Négly durant la « crise fédéraliste » (1793)

Rimberg variante
« Chasseur noir » du corps franc La Roche-Négly, été 1793. Infographie originale de Marc Morillon pour un ouvrage à paraître en fin d’année 2016. 

Issu d’une vieille famille du Puy-en-Velay, François-Gabriel de la Roche-Négly (1757-1793) – vétéran de la guerre d’Indépendance américaine – rejoignit les rangs des fédéralistes lyonnais à l’été 1793. A cette occasion, il forma un petit corps franc composé d’une trentaine de paysans, braconniers et gardes-chasse levés en Velay et en Vivarais. Selon un témoin oculaire [1], ces hommes, tout de noir vêtus, furent pris pour des prêtres déguisés par la population. L’armement dont disposait ce corps franc demeure inconnu. Les « chasseurs noirs » étaient probablement armés de fusils de chasse, et peut-être de fusils modèle 1777 saisis à la manufacture de Saint-Etienne à la fin du mois d’août 1793. Les hommes de la Roche-Négly furent décimés lors des combats de la fin du siège de Lyon. Capturé le 9 octobre 1793, leur chef fut fusillé comme « officier général de l’armée lyonnaise » le 25 octobre. 

[1] Il s’agit de Claude-Joachim Puy, capitaine quartier-maître du corps expéditionnaire lyonnais dans le Forez, qui rédigea ses Souvenirs dans les années 1820.