Les dragons de la Manche : une unité de cavalerie face à la « crise fédéraliste » (1793-1794)

Par Didier Davin, membre de la SEHRI.

Parmi les nombreux corps de volontaires et unités franches levés par les départements durant la Révolution, les corps francs à cheval sont assurément les moins connus. Les dragons de la Manche figurent au nombre de ces unités éphémères, qui concoururent cependant à former la Nation, une cavalerie que l’Europe envia à la France pendant deux décennies.

En avril 1793, le département de la Manche projeta la formation d‘un escadron de cavalerie de type dragons. Fort de 204 hommes, il devait être levé par groupes de 20 à 30 hommes dans les différents districts du département. Dès le 3 mai, le directoire départemental procéda à la nomination des officiers. Contrairement à l’habitude, ils ne furent donc pas nommés par la troupe. Le chef d’escadrons était le citoyen Le Tellier, originaire de St Lô. Les capitaines Le Vastois et Dubosq, les lieutenants Huard-Boitôt, Le Tellier et Le Testu étaient tous issus de la garde nationale. La solde fut fixée à 20 sols pour les cavaliers, à 27 pour les brigadiers, à 35 pour les maréchaux des logis, à 100 pour les sous-lieutenants et à 350 pour les lieutenants.

Le 16 mai, les premiers effectifs se réunirent à Saint-Lô. Il fallait lever les hommes mais également fournir leur remonte. Des réquisitions permirent de réunir 213 chevaux entre avril et septembre. Une nouvelle levée de 360 hommes fut rapidement décidée, mais des difficultés pour atteindre les quotas fixés se firent sentir. Puysaye, adjudant-général et commissaire pour le recrutement, jugeait les cavaliers «  beaux et superbes ».

Tandis que se formaient les dragons de la Manche, la Convention – soumise à la pression des sans-culottes parisiens ‒ vota l’arrestation des députés girondins. Ces derniers se réfugièrent en province et tentèrent d’y lever des troupes pour faire face au coup de force survenu dans la capitale. S’ajoutant à l’insurrection vendéenne, le mouvement fédéraliste venait de naître.

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Deux Comtois de la Garde Impériale : Exposition temporaire au musée de Pontarlier

Par Benoît Lorenzini, membre de la SEHRI.

Le musée municipal de Pontarlier (Doubs) présente, du 2 juillet 2016 au 1er septembre 2017, une exposition temporaire consacrée à deux officiers supérieurs comtois ayant servi dans la Garde Impériale, Louis Joseph Vionnet de Maringoné et Louis Lonchamp.

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Portrait du général Louis Joseph Vionnet, baron de Maringoné. Celui-ci pose avec son sabre d’honneur. 

Après avoir été quelques temps instituteur à Métabief, Louis Joseph Vionnet (1769-1834) entre au service dans les armées révolutionnaires en 1792 comme sous-lieutenant de canonniers au 6e bataillon de volontaires du Doubs. Après avoir servi à l’armée du Rhin (1792-1793), aux armées de la Moselle, du Rhin, des Alpes et d’Italie (1794-1797), aux armées de Rome et de Naples (1798-1799), on le retrouve à l’armée de réserve en Italie, puis à celle des Grisons (1800-1801). Il est alors capitaine à la 12e demi-brigade d’infanterie de ligne et obtient en 1802 un sabre d’honneur pour sa conduite à l’affaire de Brentino (29 juillet 1796). Officier de la Légion d’honneur en 1804, il fait campagne à la Grande Armée en 1805 et passe comme capitaine dans les grenadiers à pied de la Garde Impériale en 1806. Son destin se confond alors avec celui de cette illustre phalange : campagnes de 1806-1807 en Prusse et en Pologne, de 1808 en Espagne, de 1809 en Autriche, de 1810-1811 en Espagne, de 1812 en Russie, de 1813 en Saxe et de 1814 en Belgique. En 1813, il est major du 2e régiment de tirailleurs de la Garde impériale, avec rang de colonel dans la ligne. Maréchal de camp au début de la Première Restauration, il ne sert pas aux Cent-Jours et exerce sous la Seconde Restauration divers commandements territoriaux, combattant en 1823 en Espagne où il est promu au grade de lieutenant-général. Baron de l’Empire, chevalier de la Couronne de Fer et commandant de la Légion d’honneur en 1813, il est fait vicomte de Maringoné en 1822. Il est l’auteur de mémoires publiés en 1899 sous le titre de Campagnes de Russie et de Saxe (1812-1813) : Souvenirs d’un ex-commandant des Grenadiers de la Vieille-Garde.

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L’Histoire par les documents : le licenciement de l’armée de la Loire

Par Didier Davin, membre de la SEHRI. 

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Licenciement du pharmacien aide-major Albert Guitton, 15 août 1815.

Juin 1815. La défaite de Waterloo signe la fin du pari napoléonien de reprendre sa place dans le jeu politique des nations européennes. Si la bataille est un désastre, le reste de l’armée française qui n’y a pas participé se replie en bon ordre. Il continue de résister aux offensives coalisées jusqu’en juillet, et ce, malgré la seconde abdication de l’Empereur.

Dans une France désormais occupée par les armées alliées, Louis XVIII est revenu « dans les fourgons de l’étranger ». Il ne peut plus, comme il l’a fait en 1814, considérer comme fiable et ralliée à la cause monarchique une armée qui s’est rangée très naturellement aux ordres de Napoléon de retour de l’ile d’Elbe. Par conséquent, il lui faut totalement démanteler l’ex-armée impériale et en créer une nouvelle à sa main.

Cette armée était repliée derrière la Loire (d’où le nom générique d’« armée de la Loire ») selon les termes de l’armistice accepté par le maréchal Davout. Elle a dû arborer la cocarde blanche, tandis que des officiers supérieurs commencent à voir leur nom apparaître sur des listes de proscription.

Le licenciement de l’armée est bientôt décidé : il s’étale jusqu’à la fin de l’année. Les troupes se débandent  fréquemment, se mutinent parfois. Officiellement licencié, le reste rentre dans une vie civile médiocre, ou dans une lutte souterraine contre les autorités, ressassant les heures de gloire et tissant  une légende qui aboutit – 35 années plus tard – à la prise de pouvoir du neveu de leur chef.

Marc Morillon, un infographiste au service de l’Histoire

Par Pierre-Baptiste Guillemot, membre de la SEHRI.

Le Dracénois Marc Morillon se passionne pour le 1er Empire depuis près de 60 ans. La lecture d’ouvrages illustrés par Jacques Onfray de Bréville – en particulier le Bonaparte et le Napoléon de Georges Montorgueil ainsi que La cantinière ‒, présents en bonne place sur les rayonnages de la bibliothèque familiale y est ‒ selon ses dires ‒ pour beaucoup. Alors adolescent, Marc acquiert et réalise des figurines Airfix. Peu après, il produit son premier « scratch », autrement dit une création complète. S’il assure que cette première tentative était d’une apparence frustre, convenons qu’elle était néanmoins fort ingénieuse. En effet, à une époque où les pâtes durcissantes – aujourd’hui si prisées des figurinistes ‒ n’existaient pas, Marc avait opté pour de la mie de pain afin de réaliser le visage.

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Marc peint et collectionne des figurines depuis plusieurs décennies – Ici, un cavalier de la gendarmerie d’élite de la Garde Impériale de la marque Métal Modèles. 

Pendant de nombreuses années, Marc a été membre du Bivouac, un club de figurinistes installé sur la Côte d’Azur. A l’instar de Didier Davin, il a d’ailleurs rédigé de nombreux articles pour le bulletin de l’association. Il est également membre du Briquet, une association orléanaise aujourd’hui présidée par Jean-Claude Colrat. Au tout début mai 2016, Marc a officiellement rejoint les rangs de la Société des Etudes Historiques Révolutionnaires et Impériales (SEHRI). Figure majeure du forum, il s’implique dans l’ensemble des activités et projets de la Société. La réalisation des cartes postales publiées par la SEHRI est ainsi à porter à son crédit.

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Parution de la Feuille de Route : « Spécial Bouches du Rhône »

Le nouveau numéro de la Feuille de Route – publication mensuelle gratuite sur la Révolution et l’Empire – est paru ! Il a pour thème le département des Bouches du Rhône sous le 1er Empire.

Fichier à télécharger ici ⇒ Feuille de Route n°16 – Spécial Bouches du Rhône

Bonne lecture !

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Un « verdet », partisan ultra-royaliste en action durant la « Terreur blanche » de l’été 1815.

En écoute : Jérôme Croyet sur France Inter !

En écoute : La marche de l’Histoire, une émission de France Inter. Jérôme Croyet, président de la SEHRI, était reçu par Patrice Gélinet. Il venait de publier Soldats de Napoléon : L’épopée par ceux qui l’ont faite (Editions Gaussen, 2010).

C’est ici  ! => La Grande Armée (1804-1815)

Le 66e régiment d’infanterie de ligne outremer, 1801-1810

Par Didier Davin et Pierre-Baptiste Guillemot, membres de la SEHRI.

Dès 1801, le 1er Consul Bonaparte destina trois unités aux colonies des Antilles : les 26e, 66e et 82e régiments d’infanterie de ligne, renforcés de détachements d’artillerie. Ces dispositions furent confirmées en 1802-1803.

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Le général Richepanse, commandant le corps expéditionnaire de la Guadeloupe en 1802.

En Guadeloupe, les prémices du rétablissement de l’esclavage entraînèrent une révolte des troupes noires au service de la République. Le général Richepanse fut envoyé restaurer l’autorité métropolitaine. L’accompagnaient 3500 hommes, répartis comme suit : deux bataillons du 66e régiment d’infanterie de ligne, un bataillon du 15e régiment d’infanterie de ligne, divers détachements d’infanterie, un bataillon de canonniers garde-côtes, des éléments de cavalerie issus des 1er et 20e régiments de chasseurs à cheval et du 1er régiment de hussards, ainsi que deux compagnies tirées des 6e et 10e régiments d’artillerie à pied. Le corps expéditionnaire avait été embarqué sur deux vaisseaux de 74 canons – Le Redoutable et Le Fougueux –, quatre frégates – La Volontaire, La Consolante, La Romaine et La Didon –, trois navires de transport et une flûte, La Salamandre.

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Les carnets d’ordres d’Eugène de Beauharnais – Partie 1 (1800-1802)

eugene-de-beauharnais-mathieu-ignace-van-breeDu 7 février 1800 au 31 octobre 1804, Eugène de Beauharnais coucha scrupuleusement sur dix carnets l’ensemble des ordres donnés aux chasseurs et aux grenadiers à cheval de la Garde des Consuls.

C’est une sélection de ces textes – d’un rare intérêt historique et uniformologique – que la SEHRI vous propose de (re)découvrir dès à présent. La première partie des retranscriptions concerne la période courant de janvier 1800 à décembre 1802. La seconde, portant sur les années 1803 et 1804, sera publiée très prochainement.

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L’objet du mois : un livret ouvrier

Par Pierre-Baptiste Guillemot, membre de la SEHRI.

Paris, cour des enfants bleus [1], 1er janvier 1807. L’apprenti Jean-Baptiste Derouault, âgé de 19 ans, fait viser son livret d’ouvrier par M. Roze [2], son patron. Ce dernier, « boutonnier de fantaisie », prend soin de noter que le jeune Derouault travaille au sein de sa manufacture « l’espace de 9 mois ». Le lendemain, semblable opération se répète dans les bureaux des commissaires de police Lepelletier et Boutaud. Si Derouault procède avec tant de scrupules, c’est qu’il est conscient qu’un livret mal rempli – sans parler de l’absence pure et simple de ce document – pourrait lui coûter l’arrestation en cas de contrôle par la gendarmerie impériale :

Tout ouvrier qui voyagerait sans être muni d’un livret visé sera réputé vagabond, et pourra être arrêté et puni comme tel.

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Patrouille de gendarmerie contrôlant le livret d’un ouvrier – Dessin original de Bernard Coppens, DR.

Retour sur l’histoire du livret ouvrier, l’une des « masses de granit » du régime napoléonien. 

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