Printemps 1815 : L’éphémère 6e régiment étranger

Par Didier Davin, membre de la SEHRI.

A l’automne 1813, plusieurs contingents étrangers au service français participèrent au repli opéré par la Grande Armée en direction du Rhin. Pour autant, Napoléon ‒ méfiant quant à leur loyauté ‒ ne les récompensa nullement. Et de fait, les décisions impériales impliquèrent deux logiques différentes. Ainsi, une large partie des anciennes troupes alliées de l’Empire fut considérée comme prisonnière de guerre ; le reste fut dissout et transformé en régiments de pionniers, soldés comme tels. A la chute de l’Empereur, le retour dans leurs foyers de ces militaires étrangers se révéla difficilement envisageable, en raison de l’hostilité de leurs compatriotes à leur égard. C’était tout particulièrement le cas des Espagnols ayant servi le roi Joseph Bonaparte, mais également des soldats de l’ex-Légion portugaise.

Lors de la 1ère Restauration de Louis XVIII, furent formés trois régiments étrangers, non compris les Suisses. En décembre 1814, une ordonnance royale édicta que les soldats espagnols et portugais encore à la solde française et aptes à servir devaient constituer un régiment colonial étranger, d’une force – toute théorique ‒ de trois bataillons, à l’instar du reste de l’infanterie de ligne. En outre, ladite ordonnance stipulait que les couleurs distinctives de l’uniforme seraient déterminées ultérieurement. Le 16 février 1815, une nouvelle ordonnance décréta que les contrats d’engagement dans les troupes étrangères devaient être d’une durée de six ans. Simultanément, une épuration fut réalisée, si bien qu’au mois de mars, seuls 1752 militaires étrangers demeuraient au service des Bourbons.

Le 20 mars 1815, à son retour aux Tuileries, Napoléon était probablement déjà conscient de la tâche immense qui l’attendait, dans le contexte d’une invasion étrangère prochaine. Le 3 avril, il décida de former cinq régiments étrangers – Lavis de Haim.

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Un partenariat prometteur …

Depuis le 1er juin, la Société des Etudes Historiques Révolutionnaires et Impériales est partenaire du site Soldats de la Grande Armée, administré par Frédéric Berjaud.

Fantassin 63e régiment infanterie de ligne Aquarelle Frédéric Berjaud

En outre, notre sociétaire et ami Didier Davin y publie fréquemment des articles. Découvrez son dernier-né – consacré aux chasseurs des Alpes en 1815 –, en suivant ce lien.

Bonne visite et bonne lecture !

1967-2017 : le musée de l’Empéri fête ses 50 ans !

50 ans Empéri« Du 13 mai à la fin décembre, dans la salle des écuries du Château, au travers de l’exposition « Témoins de l’Histoire, anatomie d’une collection », le public découvre l’histoire et les péripéties de la collection du musée de l’Empéri.

Des soldats de plomb, uniformes et armes d’enfant furent le point de départ de ce qui allait devenir une collection particulière de qualité. Celle-ci ne va cesser de s’agrandir pour devenir une collection de référence, et voyager dans le monde entier.

L’exposition présente également son installation à Salon, au château de l’Empéri, après son rachat par le Musée de l’Armée, et son évolution depuis qu’elle est devenue une collection muséale à part entière. Mais cette exposition est aussi l’occasion de dresser le portrait des hommes qui ont consacré leur vie à la constitution et la reconnaissance de cette collection unique en son genre : Raoul Brunon, qui décède durant la Première Guerre mondiale ainsi que son frère Jean, qui poursuivra inlassablement l’œuvre de son frère et deviendra un éminent spécialiste des questions de costume militaire. Enfin, Raoul, le fils de ce dernier, sera le premier conservateur du musée. Leurs destins individuels – et celui de la collection – sont profondément ancrés dans l’Histoire avec « un grand H » de la fin du XIXe et du XXe siècle et en sont révélateurs. C’est donc à une plongée historique et une découverte esthétique que vous invite cette exposition ».

Communiqué de la ville de Salon-de-Provence.

 

Un « gibernard de première classe » s’en est allé …

Par Benoît Lorenzini, membre de la SEHRI.

Fin mars, nous apprenions avec tristesse le décès d’Albert Rigondaud, dit « Rigo », peintre des Armées, auteur notamment de la célèbre série de planches « Le Plumet ». Rendons donc hommage, au travers de ces quelques lignes, à ce maître de l’uniformologie.

 

« Faire une collection, c’est créer un monde à part, en dehors de la grisaille quotidienne. Pour beaucoup d’entre nous, c’est ça » – Albert Rigondaud, dit « Rigo » (1925-2017).

 

Un goût précoce pour l’histoire militaire.

Né le 29 octobre 1925 dans le 4e arrondissement de Paris, le jeune Albert Rigondaud se découvrit très tôt un goût prononcé pour le dessin et la peinture. C’est ainsi qu’il intégra l’Ecole nationale des Arts appliqués au sortir de ses études secondaires.

Garde de l'Aigle 1813 esquisse planche le Plumet Rigo
Recherches pour la planche « Le Plumet » n°116 (Garde de l’Aigle du 46e régiment d’infanterie, 1813).

Entré comme contractuel dans les services de la ville de Paris durant la Seconde guerre mondiale, pour se soustraire au Service du Travail Obligatoire, il se destina à la publicité, « boulot bien rémunéré, mais peu passionnant » qu’il exerça pourtant une vingtaine d’années durant. C’est à cette époque qu’il lui fut demandé d’effectuer des recherches et dessins pour le scénario d’un film de Jean Delannoy (1908-2008), Pontcarral, colonel d’Empire. Cette production sortit le 30 novembre 1942 à Angoulême et le 11 décembre de la même année à Paris. Ce premier contact avec les uniformes du Premier Empire constitua assurément un déclic pour le jeune homme. Plus encore, elle fit naître en lui une passion pour l’histoire militaire en général, et pour les uniformes et les drapeaux des armées de Louis XV à celles de Napoléon Ier en particulier, passion qui ne le quitta désormais plus. Au demeurant, les recherches réalisées dans le cadre de la préparation de ce long-métrage lui permirent d’ébaucher ce qui constituera, plus tard, une immense documentation dans les domaines de l’uniformologie et de la vexillologie.

Albert Rigondaud
Albert Rigondaud montre le fruit de ses travaux ; en l’espèce, des planches réalisées pour sa série « Révolution-Consulat-Empire » du « Plumet ».

Habit dragon Extrait planche originale RigoÀ partir des années 1960, c’est en effet un siècle d’histoire militaire, de Louis XV à Napoléon, que « Rigo » retraça au travers de centaines de planches sur lesquelles se côtoient uniformes, armes, équipements, harnachements, instruments de musique, décorations, drapeaux, guidons et étendards. « Nous sommes une dizaine de peintres de l’Armée en France, mais je fais partie d’une espèce rare en terme d’uniformologie et de vexillologie », assurait-il, prenant soin d’ajouter que « son travail consistait à fouiller dans les documents d’époque à la Bibliothèque Nationale, à les déchiffrer, les mettre sous format avec un respect total des dimensions et des couleurs ». « Il faut que tout soit respectueux de la réalité d’époque », avait-il coutume d’affirmer.

La réalité d’époque.

S’en tenir à la réalité d’époque, c’est précisément la ligne adoptée par « Rigo » dans le cadre de son travail de représentation des uniformes des armées françaises, au travers du dessin comme de la figurine. A ce propos, on se souvient de ses fameuses récriminations dans les allées des concours figurinistiques, face à des pièces pourtant magistralement peintes, mais qui comportaient des erreurs – parfois grossières – quant à la véracité uniformologique. Son combat contre le « laisser aller » – qu’il avait, un temps, constaté chez certains peintres de figurines – était un véritable cheval de bataille, quitte à se créer quelques inimitiés. Mais en cela, il savait pouvoir compter sur le soutien de nombre d’autres figurinistes, « artistes complets, parfaitement doués, qui ne se contentent pas de peindre magnifiquement une figurine, mais connaissent parfaitement leur sujet ».

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1814 : Les dernières troupes polonaises de l’Empereur

Par Didier Davin, membre de la SEHRI.

Fin 1813, les troupes polonaises du duché de Varsovie ayant pris part à la retraite des Français furent réunies à Sedan pour une réorganisation des éléments actifs. Placés sous le commandement du général Pac, les cavaliers polonais furent rattachés à la cavalerie de la Garde Impériale lors des dernières opérations de la campagne de France, et ce jusque sous les murs de Paris. L’infanterie polonaise forma un régiment de la Vistule qui combattit également aux côtés des troupes françaises.

Correspondance de Napoléon. Au palais des Tuileries, le 18 décembre 1813.

Napoléon, Empereur des Français, Roi d’Italie, Protecteur de la Confédération du Rhin, Médiateur de la Confédération suisse, etc., nous avons décrété et décrétons ce qui suit :

ART. 1er Les corps de l’armée polonaise seront organisés de la manière suivante :

1° Deux régiments de lanciers, chaque régiment de quatre compagnies, chaque compagnie de 125 hommes. 1000

2° Un régiment d’éclaireurs de six escadrons, chacun 250 hommes. 1500
Le régiment de Krakus prendra le nom d’éclaireurs et fera le fond de ce régiment qui pourra être porté à dix escadrons s’il y a suffisamment d’hommes.

3° Un régiment de la Vistule de deux bataillons d’infanterie, organisé comme l’infanterie française et chaque bataillon de six compagnie. 1680

4° Une batterie d’artillerie à cheval qui sera attachée à la cavalerie.

5° Quatre compagnies d’artillerie à pied, qui seront formées et complétées. 500

6° Une compagnie de sapeurs.

Total : 4680

ART. 2 – Ces troupes seront payées par le département de la guerre à dater du 1er janvier 1814. Elles jouiront de la même solde et du même traitement que les troupes françaises.

ART. 3 – Il y aura, à Sedan, un dépôt général des troupes polonaises. Ce dépôt sera sous les ordres du général Dombrowski ; il sera commun aux 3 régiments de cavalerie, au régiment d’infanterie et aux troupes d’artillerie.

ART. 4 – Tous les officiers des différents corps polonais qui ne seront pas employés dans cette nouvelle organisation, qui voudront entrer dans la cavalerie ou dans l’infanterie française, et qui en feront la demande, seront employés dans leur grade au service de la France.

ART. 5 – Nos ministres de la Guerre, de l’administration de la Guerre et du Trésor, sont chargés de l’exécution du présent décret.

Napoléon.


Notes.

[1] Les deux régiments de lanciers étaient vêtus d’une kurtka de drap bleu. Celle-ci était distinguée d’écarlate pour le 1er régiment et de cramoisi pour le 2nd. Le reste de la tenue à la coupe des chevau-légers polonais de la Ligne.

[2] Les Krakus furent formés en janvier 1813, dans les territoires polonais échappant encore à l’occupation russe. Cette cavalerie « populaire », levée dans la paysannerie des alentours de Cracovie, fut organisée sous la forme d’un régiment à quatre escadrons totalisant 900 hommes montés sur de petits chevaux.

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Krakus, 1813 – Illustration originale de Jack Girbal, DR.

Chaque escadron portait le costume régional de sa « province », ou voivoidie : bleu pour la Posnanie, gris pour Cracovie. En outre, l’escadron de Cracovie portait la coiffe carrée traditionnelle des Polonais. Les ordres étaient donnés à l’aide d’un bountchouk, très similaire au toug des Ottomans. Il s’agissait d’une longue lance ornée de crins de cheval.

Les Krakus servirent avec le régiment de cuirassiers polonais. L’un de leurs premiers faits d’armes consista en la prise de l’étendard du régiment des cosaques de Grekov. L’Empereur les passa en revue en septembre 1813 et fut impressionné par l’endurance de cette « cavalerie pygmée ». Lors de la bataille de Wachau, les Krakus anéantirent un régiment de cosaques de la Garde Impériale russe. Dès lors, Poniatowski en fit son escorte personnelle. Après la mort du Prince, les Krakus retraitèrent avec l’armée française. Entre temps, ils avaient adopté une tenue bleue distinguée de carmin, avec les cartouchières cousues sur la poitrine et les toques ovales brodées de cordons blancs. A la fin de la campagne, un détachement de 200 Krakus ramena en Pologne la dépouille de Poniatowski.

Deux Comtois de la Garde Impériale : Exposition temporaire au musée de Pontarlier

Par Benoît Lorenzini, membre de la SEHRI.

Le musée municipal de Pontarlier (Doubs) présente, du 2 juillet 2016 au 1er septembre 2017, une exposition temporaire consacrée à deux officiers supérieurs comtois ayant servi dans la Garde Impériale, Louis Joseph Vionnet de Maringoné et Louis Lonchamp.

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Portrait du général Louis Joseph Vionnet, baron de Maringoné. Celui-ci pose avec son sabre d’honneur. 

Après avoir été quelques temps instituteur à Métabief, Louis Joseph Vionnet (1769-1834) entre au service dans les armées révolutionnaires en 1792 comme sous-lieutenant de canonniers au 6e bataillon de volontaires du Doubs. Après avoir servi à l’armée du Rhin (1792-1793), aux armées de la Moselle, du Rhin, des Alpes et d’Italie (1794-1797), aux armées de Rome et de Naples (1798-1799), on le retrouve à l’armée de réserve en Italie, puis à celle des Grisons (1800-1801). Il est alors capitaine à la 12e demi-brigade d’infanterie de ligne et obtient en 1802 un sabre d’honneur pour sa conduite à l’affaire de Brentino (29 juillet 1796). Officier de la Légion d’honneur en 1804, il fait campagne à la Grande Armée en 1805 et passe comme capitaine dans les grenadiers à pied de la Garde Impériale en 1806. Son destin se confond alors avec celui de cette illustre phalange : campagnes de 1806-1807 en Prusse et en Pologne, de 1808 en Espagne, de 1809 en Autriche, de 1810-1811 en Espagne, de 1812 en Russie, de 1813 en Saxe et de 1814 en Belgique. En 1813, il est major du 2e régiment de tirailleurs de la Garde impériale, avec rang de colonel dans la ligne. Maréchal de camp au début de la Première Restauration, il ne sert pas aux Cent-Jours et exerce sous la Seconde Restauration divers commandements territoriaux, combattant en 1823 en Espagne où il est promu au grade de lieutenant-général. Baron de l’Empire, chevalier de la Couronne de Fer et commandant de la Légion d’honneur en 1813, il est fait vicomte de Maringoné en 1822. Il est l’auteur de mémoires publiés en 1899 sous le titre de Campagnes de Russie et de Saxe (1812-1813) : Souvenirs d’un ex-commandant des Grenadiers de la Vieille-Garde.

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Marc Morillon, un infographiste au service de l’Histoire

Par Pierre-Baptiste Guillemot, membre de la SEHRI.

Le Dracénois Marc Morillon se passionne pour le 1er Empire depuis près de 60 ans. La lecture d’ouvrages illustrés par Jacques Onfray de Bréville – en particulier le Bonaparte et le Napoléon de Georges Montorgueil ainsi que La cantinière ‒, présents en bonne place sur les rayonnages de la bibliothèque familiale y est ‒ selon ses dires ‒ pour beaucoup. Alors adolescent, Marc acquiert et réalise des figurines Airfix. Peu après, il produit son premier « scratch », autrement dit une création complète. S’il assure que cette première tentative était d’une apparence frustre, convenons qu’elle était néanmoins fort ingénieuse. En effet, à une époque où les pâtes durcissantes – aujourd’hui si prisées des figurinistes ‒ n’existaient pas, Marc avait opté pour de la mie de pain afin de réaliser le visage.

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Marc peint et collectionne des figurines depuis plusieurs décennies – Ici, un cavalier de la gendarmerie d’élite de la Garde Impériale de la marque Métal Modèles. 

Pendant de nombreuses années, Marc a été membre du Bivouac, un club de figurinistes installé sur la Côte d’Azur. A l’instar de Didier Davin, il a d’ailleurs rédigé de nombreux articles pour le bulletin de l’association. Il est également membre du Briquet, une association orléanaise aujourd’hui présidée par Jean-Claude Colrat. Au tout début mai 2016, Marc a officiellement rejoint les rangs de la Société des Etudes Historiques Révolutionnaires et Impériales (SEHRI). Figure majeure du forum, il s’implique dans l’ensemble des activités et projets de la Société. La réalisation des cartes postales publiées par la SEHRI est ainsi à porter à son crédit.

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Parution de la Feuille de Route : « Spécial Bouches du Rhône »

Le nouveau numéro de la Feuille de Route – publication mensuelle gratuite sur la Révolution et l’Empire – est paru ! Il a pour thème le département des Bouches du Rhône sous le 1er Empire.

Fichier à télécharger ici ⇒ Feuille de Route n°16 – Spécial Bouches du Rhône

Bonne lecture !

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Un « verdet », partisan ultra-royaliste en action durant la « Terreur blanche » de l’été 1815.

En écoute : Jérôme Croyet sur France Inter !

En écoute : La marche de l’Histoire, une émission de France Inter. Jérôme Croyet, président de la SEHRI, était reçu par Patrice Gélinet. Il venait de publier Soldats de Napoléon : L’épopée par ceux qui l’ont faite (Editions Gaussen, 2010).

C’est ici  ! => La Grande Armée (1804-1815)

Le 66e régiment d’infanterie de ligne outremer, 1801-1810

Par Didier Davin et Pierre-Baptiste Guillemot, membres de la SEHRI.

Dès 1801, le 1er Consul Bonaparte destina trois unités aux colonies des Antilles : les 26e, 66e et 82e régiments d’infanterie de ligne, renforcés de détachements d’artillerie. Ces dispositions furent confirmées en 1802-1803.

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Le général Richepanse, commandant le corps expéditionnaire de la Guadeloupe en 1802.

En Guadeloupe, les prémices du rétablissement de l’esclavage entraînèrent une révolte des troupes noires au service de la République. Le général Richepanse fut envoyé restaurer l’autorité métropolitaine. L’accompagnaient 3500 hommes, répartis comme suit : deux bataillons du 66e régiment d’infanterie de ligne, un bataillon du 15e régiment d’infanterie de ligne, divers détachements d’infanterie, un bataillon de canonniers garde-côtes, des éléments de cavalerie issus des 1er et 20e régiments de chasseurs à cheval et du 1er régiment de hussards, ainsi que deux compagnies tirées des 6e et 10e régiments d’artillerie à pied. Le corps expéditionnaire avait été embarqué sur deux vaisseaux de 74 canons – Le Redoutable et Le Fougueux –, quatre frégates – La Volontaire, La Consolante, La Romaine et La Didon –, trois navires de transport et une flûte, La Salamandre.

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