L’Histoire par les documents : le licenciement de l’armée de la Loire

Par Didier Davin, membre de la SEHRI. 

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Licenciement du pharmacien aide-major Albert Guitton, 15 août 1815.

Juin 1815. La défaite de Waterloo signe la fin du pari napoléonien de reprendre sa place dans le jeu politique des nations européennes. Si la bataille est un désastre, le reste de l’armée française qui n’y a pas participé se replie en bon ordre. Il continue de résister aux offensives coalisées jusqu’en juillet, et ce, malgré la seconde abdication de l’Empereur.

Dans une France désormais occupée par les armées alliées, Louis XVIII est revenu « dans les fourgons de l’étranger ». Il ne peut plus, comme il l’a fait en 1814, considérer comme fiable et ralliée à la cause monarchique une armée qui s’est rangée très naturellement aux ordres de Napoléon de retour de l’ile d’Elbe. Par conséquent, il lui faut totalement démanteler l’ex-armée impériale et en créer une nouvelle à sa main.

Cette armée était repliée derrière la Loire (d’où le nom générique d’« armée de la Loire ») selon les termes de l’armistice accepté par le maréchal Davout. Elle a dû arborer la cocarde blanche, tandis que des officiers supérieurs commencent à voir leur nom apparaître sur des listes de proscription.

Le licenciement de l’armée est bientôt décidé : il s’étale jusqu’à la fin de l’année. Les troupes se débandent  fréquemment, se mutinent parfois. Officiellement licencié, le reste rentre dans une vie civile médiocre, ou dans une lutte souterraine contre les autorités, ressassant les heures de gloire et tissant  une légende qui aboutit – 35 années plus tard – à la prise de pouvoir du neveu de leur chef.