Les prisons de l’Ain sous la Révolution

A la fin de l’Ancien Régime, les prisons sont peu nombreuses dans l’Ain. Celle de Bourg est vétuste. Semblable situation prévaut à Belley, ainsi qu’à Trévoux et Thoissey, qui accueillent les cachots de l’intendance des Dombes.

Suite aux mises en détention massives de l’automne 1793, les établissements pénitenciers, saturés, se révèlent incapables d’accueillir de nouveaux détenus. Les administrations convertissent alors couvents et églises en lieux de détention [1]. De fait, Bourg compte plusieurs prisons : les Claristes, le dépôt de mendicité de Bicêtre et le couvent de Brou. S’y ajoutent les Ursulines, à Bourg et à Pont-de-Vaux [2].

En dépit d’un arrêté du représentant du peuple Albitte [3] relatif à la surveillance des prisons, ces dernières restent complexes à gérer. Si, certes, le mois de pluviôse an II marque un regain d’attention autour des détenus, les mois de ventôse et de germinal sont, eux, caractérisés par un relâchement notable. Malgré leur emprisonnement, les détenus continuent ainsi à expédier des lettres, notamment grâce à la complicité d’officiers municipaux. De la sorte, c’est seulement lors de la « réaction thermidorienne » que l’hermétisme des prisons devient une réalité et que la condition de prisonnier se durcit.

Durant le Directoire, le manque de moyen de l’administration, la faible motivation de la gendarmerie et l’insécurité qui règne dans les prisons de Bourg, Trévoux et Châtillon-sur-Chalaronne empêchent les établissements pénitenciers de mener à bien leur mission. Aussi, les brigands qui y sont incarcérés s’en échappent-ils aisément.


Notes.

[1] Des habitations particulières sont également requises à cet effet.

[2] Un arrêté du 28 septembre 1793 stipule pourtant que seules les villes de Bourg, Belley et Ambronay sont habilitées à recevoir des détenus.

[3] Décret datant de ventôse an II.

 

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