1814 : Les dernières troupes polonaises de l’Empereur

Par Didier Davin, membre de la SEHRI.

Fin 1813, les troupes polonaises du duché de Varsovie ayant pris part à la retraite des Français furent réunies à Sedan pour une réorganisation des éléments actifs. Placés sous le commandement du général Pac, les cavaliers polonais furent rattachés à la cavalerie de la Garde Impériale lors des dernières opérations de la campagne de France, et ce jusque sous les murs de Paris. L’infanterie polonaise forma un régiment de la Vistule qui combattit également aux côtés des troupes françaises.

Correspondance de Napoléon. Au palais des Tuileries, le 18 décembre 1813.

Napoléon, Empereur des Français, Roi d’Italie, Protecteur de la Confédération du Rhin, Médiateur de la Confédération suisse, etc., nous avons décrété et décrétons ce qui suit :

ART. 1er Les corps de l’armée polonaise seront organisés de la manière suivante :

1° Deux régiments de lanciers, chaque régiment de quatre compagnies, chaque compagnie de 125 hommes. 1000

2° Un régiment d’éclaireurs de six escadrons, chacun 250 hommes. 1500
Le régiment de Krakus prendra le nom d’éclaireurs et fera le fond de ce régiment qui pourra être porté à dix escadrons s’il y a suffisamment d’hommes.

3° Un régiment de la Vistule de deux bataillons d’infanterie, organisé comme l’infanterie française et chaque bataillon de six compagnie. 1680

4° Une batterie d’artillerie à cheval qui sera attachée à la cavalerie.

5° Quatre compagnies d’artillerie à pied, qui seront formées et complétées. 500

6° Une compagnie de sapeurs.

Total : 4680

ART. 2 – Ces troupes seront payées par le département de la guerre à dater du 1er janvier 1814. Elles jouiront de la même solde et du même traitement que les troupes françaises.

ART. 3 – Il y aura, à Sedan, un dépôt général des troupes polonaises. Ce dépôt sera sous les ordres du général Dombrowski ; il sera commun aux 3 régiments de cavalerie, au régiment d’infanterie et aux troupes d’artillerie.

ART. 4 – Tous les officiers des différents corps polonais qui ne seront pas employés dans cette nouvelle organisation, qui voudront entrer dans la cavalerie ou dans l’infanterie française, et qui en feront la demande, seront employés dans leur grade au service de la France.

ART. 5 – Nos ministres de la Guerre, de l’administration de la Guerre et du Trésor, sont chargés de l’exécution du présent décret.

Napoléon.


Notes.

[1] Les deux régiments de lanciers étaient vêtus d’une kurtka de drap bleu. Celle-ci était distinguée d’écarlate pour le 1er régiment et de cramoisi pour le 2nd. Le reste de la tenue à la coupe des chevau-légers polonais de la Ligne.

[2] Les Krakus furent formés en janvier 1813, dans les territoires polonais échappant encore à l’occupation russe. Cette cavalerie « populaire », levée dans la paysannerie des alentours de Cracovie, fut organisée sous la forme d’un régiment à quatre escadrons totalisant 900 hommes montés sur de petits chevaux.

krakus-1813-jack-girbal
Krakus, 1813 – Illustration originale de Jack Girbal, DR.

Chaque escadron portait le costume régional de sa « province », ou voivoidie : bleu pour la Posnanie, gris pour Cracovie. En outre, l’escadron de Cracovie portait la coiffe carrée traditionnelle des Polonais. Les ordres étaient donnés à l’aide d’un bountchouk, très similaire au toug des Ottomans. Il s’agissait d’une longue lance ornée de crins de cheval.

Les Krakus servirent avec le régiment de cuirassiers polonais. L’un de leurs premiers faits d’armes consista en la prise de l’étendard du régiment des cosaques de Grekov. L’Empereur les passa en revue en septembre 1813 et fut impressionné par l’endurance de cette « cavalerie pygmée ». Lors de la bataille de Wachau, les Krakus anéantirent un régiment de cosaques de la Garde Impériale russe. Dès lors, Poniatowski en fit son escorte personnelle. Après la mort du Prince, les Krakus retraitèrent avec l’armée française. Entre temps, ils avaient adopté une tenue bleue distinguée de carmin, avec les cartouchières cousues sur la poitrine et les toques ovales brodées de cordons blancs. A la fin de la campagne, un détachement de 200 Krakus ramena en Pologne la dépouille de Poniatowski.

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