Marc Morillon, un infographiste au service de l’Histoire

Par Pierre-Baptiste Guillemot, membre de la SEHRI.

Le Dracénois Marc Morillon se passionne pour le 1er Empire depuis près de 60 ans. La lecture d’ouvrages illustrés par Jacques Onfray de Bréville – en particulier le Bonaparte et le Napoléon de Georges Montorgueil ainsi que La cantinière ‒, présents en bonne place sur les rayonnages de la bibliothèque familiale y est ‒ selon ses dires ‒ pour beaucoup. Alors adolescent, Marc acquiert et réalise des figurines Airfix. Peu après, il produit son premier « scratch », autrement dit une création complète. S’il assure que cette première tentative était d’une apparence frustre, convenons qu’elle était néanmoins fort ingénieuse. En effet, à une époque où les pâtes durcissantes – aujourd’hui si prisées des figurinistes ‒ n’existaient pas, Marc avait opté pour de la mie de pain afin de réaliser le visage.

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Marc peint et collectionne des figurines depuis plusieurs décennies – Ici, un cavalier de la gendarmerie d’élite de la Garde Impériale de la marque Métal Modèles. 

Pendant de nombreuses années, Marc a été membre du Bivouac, un club de figurinistes installé sur la Côte d’Azur. A l’instar de Didier Davin, il a d’ailleurs rédigé de nombreux articles pour le bulletin de l’association. Il est également membre du Briquet, une association orléanaise aujourd’hui présidée par Jean-Claude Colrat. Au tout début mai 2016, Marc a officiellement rejoint les rangs de la Société des Etudes Historiques Révolutionnaires et Impériales (SEHRI). Figure majeure du forum, il s’implique dans l’ensemble des activités et projets de la Société. La réalisation des cartes postales publiées par la SEHRI est ainsi à porter à son crédit.

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Le 13e régiment de hussards en 1813 – Carte postale réalisée par Marc Morillon au profit de la SEHRI, 2015.

Marc est en effet un infographiste de talent. Avant de se lancer dans toute nouvelle réalisation, il se plonge dans sa documentation, accumulée depuis plus de cinq décennies. Aussi affirme-t-il qu’il est nécessaire de consulter ce qu’ont publié les revues associatives, en particulier les Carnets de la Sabretache. En outre, Marc peut compter sur un dense réseau d’érudits, en France comme à l’étranger. Parmi eux, citons Luis Sorando, l’un des meilleurs connaisseurs de l’armée espagnole des premières années du XIXe siècle. Marc s’est également documenté à la bibliothèque du musée de l’Empéri (Salon-de-Provence), ainsi qu’au Service Historique de la Défense. Au demeurant, c’est grâce aux archives découvertes à Vincennes qu’il a réalisé une étude dédiée au Royal-Etranger, une unité au service du roi Joseph Bonaparte.

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Deux cavaliers des chasseurs à cheval de la Garde Impériale – Extrait d’une planche de soldats à découper publiée par Jean Augé.

Une fois ces travaux préparatoires effectués, il est désormais temps de passer au dessin. Marc s’inspire des planches de soldats à découper de Jean Augé, publiées dans les années 1930. Cependant, Augé ne publia que quelques planches relatives à la Garde Impériale. Quant à Marc, il produit actuellement – et ce, pour le plus grand plaisir des visiteurs de divers fora napoléoniens ‒ une série consacrée à l’infanterie impériale. Celle-ci se compose de planches sur l’état-major régimentaire, la garde de l’Aigle, ainsi que les compagnies de fusiliers, de voltigeurs et de grenadiers d’infanterie de ligne.

Marc utilise le logiciel de dessin vectoriel Corel Draw. Celui-ci est associé à une tablette graphique et à un stylet. Ce procédé lui assure une liberté de création totale. Marc cite ainsi une production toute récente, nécessaire pour compléter ses séries : le sabre à tête de coq, qui fit, en son temps, la fierté des sapeurs de l’armée napoléonienne.

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Assemblage des différents éléments permettant de créer un tambour d’infanterie de ligne française. 

Chaque élément d’une figure – tête, bras et jambes, havresac, armes … ‒ est dessiné séparément, « découpé », puis stocké dans des dossiers dédiés. Dès lors qu’elles ont été dessinées une fois, les différentes « pièces » peuvent être associées les unes avec les autres, au gré des besoins. Marc compare cette technique d’assemblage aux poupées de papier avec lesquelles jouaient les petites filles voici plusieurs décennies.

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Dessin d’un visage. 

Cependant, dessiner un nouvel élément prend du temps. A titre indicatif, près d’une heure de travail est nécessaire pour réaliser un visage. Quant au rendu des planches, il s’apparente à de la peinture, avec ses ombres et ses lumières. Un arrière-plan, également vectorisé, peut-être ajouté aux planches d’uniformes.

Associé à Didier Davin – qui signe le texte de l’article ‒, Marc publiera prochainement ses réalisations dans le magazine Figurines, qui renaît de ses cendres à la fin de ce mois. Au regard des commentaires élogieux qui lui sont fréquemment adressés sur les fora, on ne peut que se louer de la décision du rédacteur en chef de cette revue.

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Gardes nationaux de Lyon lors du siège de la ville, été 1793 – Réalisation de Marc pour un ouvrage à paraître au 1er trimestre 2017.

Pour autant, Marc ne compte pas transformer son plaisir en une activité commerciale. Il réalise néanmoins des sujets pour quelques amis et connaissances.

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