Jean-Louis Carra (1742-1793), parcours d’un révolutionnaire

Portrait Jean-Louis CarraPar Jérôme Croyet, président de la SEHRI.

Né à Pont-de-Veyle le 9 mars 1742, Jean-Louis Carra est le fils de Claude Carra, commissaire aux droits seigneuriaux, et de Marie-Anne Colas. Elève au collège des Jésuites de Mâcon, il est arrêté pour vol en 1758 et effectue deux ans d’emprisonnement sans être jugé pour autant. A sa libération, il se rend en Moldavie et devient secrétaire de l’Hospodar.

De retour en France, il compose une Histoire de la Moldavie et de la Valachie. Secrétaire de d’Argenson à Paris en 1768, il rédige, deux ans plus tard, des articles pour l’Encyclopédie et ses suppléments. Après avoir publié un roman à La Haye, Le système de la raison à Londres (1773), un Essai particulier de politique (1784) et un Essai sur la nautique aérienne contenant l’art de diriger les ballons, il est employé à la Bibliothèque du roi. En 1787, il est l’auteur d’Un petit Mot de réponse à M. de Calonne sur sa Requête au roi. Au printemps 1789, il fait paraître un Avis du Tiers Etat de la Bresse sur la nomination des députés aux Etats généraux.

Le 3 octobre 1789, il fonde, en collaboration avec Mercier, les Annales Patriotiques. En cette année 1789, Carra se révèle particulièrement prolifique et rédige divers opuscules. Deux ans plus tard, alors membre de la Société des Amis de la Constitution de Paris, il rédige un Discours sur la conspiration d’Outre-Rhin et sur les moyens les plus efficaces à employer relativement aux puissances étrangères qui accueillent et soutiennent cette conspiration. Le 6 février 1792, la Société des Amis de la Constitution, séante aux Jacobins, fait imprimer un Discours de L. Carra, sur le danger des circonstances présentes et sur le système de corruption employé par la cour, avec des notes et observations.

Le 5 septembre 1792, Carra est élu député à la Convention par les électeurs du département de Saône-et-Loire. C’est également à cette époque qu’il publie une Correspondance de MM. de Montmorin et de Bertrand, ministres d’État, sur le Comité autrichien : Dénonciations et plaintes rendues par ces deux ministres contre le sieur Carra.

En janvier 1793, il fait partie des Conventionnels votant la mort du roi, sans appel au peuple et sans sursis. A cette occasion, il fait paraître, le 3 janvier, un Discours contre la défense de Louis Capet, dernier roi des Français. Le 9 mars, il est nommé représentant du peuple en mission. Lui revient la lourde tâche d’hâter la levée des 300000 hommes dans les Deux-Sèvres et en Vendée. Le 30 avril, Carra est envoyé comme représentant à l’armée du Centre.

A son retour, il est nommé secrétaire de la Convention. Visé par les proscriptions ciblant les Girondins, il se fend d’une Réponse à ses calomniateurs (26 juin 1793). Accusé de fédéralisme, il comparait le 3 octobre 1793 devant le Tribunal révolutionnaire. Condamné à mort le 30 du même mois, il est décapité le lendemain aux côtés de 21 de ses collègues députés.

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