Une visite au musée : l’Empéri à Salon-de-Provence

Genèse d’une collection.

La « collection Brunon » est née à la fin du XIXème siècle dans la chambre d’enfants d’une maison de la rue Consolat à Marseille. Deux petits garçons y conservent leurs trésors d’alors : livres, images, soldats de plomb, uniformes et armes d’enfants. En 1908, les deux frères reçoivent de leur oncle rouennais une caisse contenant des objets de la guerre de 1870-1871 : c’est le point de départ de ce qui est devenu un musée exceptionnel. Dès lors, les deux jeunes hommes consacrent la majeure partie de leurs économies à la collection de souvenirs militaires. Tout en accomplissant leur devoir militaire – au 57e régiment d’artillerie pour Jean, aux chasseurs alpins pour Raoul -, ils sauvegardent la mémoire immédiate en collectant des souvenirs directement sur le champ de bataille. Tous deux projettent en effet de créer, après-guerre, un grand musée dédié à l’histoire militaire. Toutefois, Raoul tombe le 23 octobre 1917, au cours de l’assaut du fort de la Malmaison, sur le Chemin des Dames. Son frère honore sa mémoire en continuant le mouvement de collecte.

De la collection privée au musée de l’Empéri.

S’appuyant sur un dense réseau de collectionneurs, d’érudits, d’illustrateurs et d’amateurs éclairés, Jean Brunon réunit une collection de premier plan. L’idée de la transformer en un musée est véritablement lancée en 1935. L’année suivante, l’association des Amis de la Collection Raoul et Jean Brunon est fondée et vise à transformer l’œuvre privée en un musée accessible au grand public.

L’expertise atteinte par Jean Brunon – puis par son fils Raoul – se fonde sur une documentation exceptionnelle, régulièrement alimentée par de nouvelles acquisitions soigneusement sélectionnées. Lorsque éclate la seconde guerre mondiale la collection est mise à l’abri à Fourquevaux. Devenu un expert reconnu, Jean Brunon intègre (en 1946) la mission du musée de l’Armée, dont l’objectif consiste à retrouver et à rapatrier sur le territoire national les 2200 pièces du musée de l’Armée spoliées par les Allemands.

De retour à Marseille, la collection ne cesse de croître quantitativement comme qualitativement et atteint désormais le seuil symbolique des 10000 pièces. Néanmoins, sa gestion est devenue trop complexe pour les Brunon. Aussi, les plus hautes autorités leur conseillent-elles  de confier sa gestion aux services de l’Etat. En 1967, le musée de l’Armée devient ainsi propriétaire des collections Raoul et Jean Brunon. En 1976, les fonds sont transférés à Salon-de-Provence et installés au château de l’Empéri, forteresse médiévale dominant le centre-ville.

Un musée d’histoire incontournable.

Avec plus de 120 mannequins – dont une vingtaine de cavaliers intégralement équipés -, le musée de l’Empéri est l’un des plus importants au monde dans son domaine. Il retrace l’histoire de l’armée française de la fin du règne de Louis XIV à la Grande Guerre, et, plus encore, la vie du soldat à travers les objets de son quotidien.

Le musée permet d’appréhender les événements à travers une trame chronologique et de comprendre le quotidien des militaires français tout au long du XIXe siècle au travers de la présentation de leurs uniformes, équipements et armement. Ses collections servent régulièrement à illustrer l’histoire des armées françaises de la révolution américaine à la Grande Guerre.

Toutefois, depuis 2010, les objets présentés ne sont plus perçus uniquement comme des témoins matériels de l’Histoire, mais bien comme des vecteurs de celle-ci. C’est précisément cette démarche qu’a adopté Jérôme Croyet dans son ouvrage Soldats de Napoléon, l’épopée racontée par ceux qui l’ont faite (Editions Gaussen), auquel l’équipe du musée a fourni son support technique et documentaire et les amis du musée, leur soutien.

Musée moderne et lieu d’érudition ouvert aux amateurs, aux érudits et à toutes les personnes intéressés par l’Histoire et les hommes qui l’ont faite au quotidien, l’Empéri bénéficie en outre de toutes nouvelles réserves permettant la conservation optimale des collections. Si vous passez à Salon-de-Provence, n’hésitez pas à le visiter : c’est un lieu de mémoire incontournable.

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